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Artisan orfèvre des mots, spécialisée dans le filigrane.

vendredi 29 décembre 2017

Place Jamae Lafna



Demandez à la poussière,
Au soleil, au vent qui balaient la place,
Ce que la parole a imprimé dans cet espace.
Demandez aux cigognes qui ont cédé leurs plumes,
À la brume et aux pleines lunes,
Afin de transcrire les mots qui la parcheminent.
Demandez au temps,
Aux précieux regards des instants,
Comment les poètes ont sublimé son firmament.
Demandez toujours et encore,  aux conteurs
La vaillance et la valeur,
Qui émanaient de l’essence de ses visiteurs.
Ne demandez rien, délivrez-la enfin,
Pitié pour son âme,
Rendez-lui sa dignité, sa grandeur,
Le noble esprit dont s’est façonné son cœur.

samedi 23 décembre 2017

Le combat du jour et de la nuit : Acte 4



On somnole... On somnole, et d'un coup l'électrochoc pour vous réveiller !

Encore un maire qui veut écrabouiller le peu de mixité que nous avons, sous le prétexte du respect de la femme dans l'espace public. Le maire de Rabat voudrait créer des bus roses pour soi-disant protéger les femmes. Début février c'était celui de Fès, un autre maire Pjdiste qui voulait séparer les espaces hommes/femmes dans les salons de coiffure et les spas.
A l’époque j’avais écrit un article publié au Huffington-post (voir le lien) qui m’a valu un harcèlement sur le net d’une rare violence. Ils ont cru m’avoir fait taire définitivement, mais comme dit si bien l’aphorisme de Nietzsche "ce qui ne tue pas nous rend plus fort". 
J’ai appris depuis à modérer mes propos, et à ne pas répondre aux insultes qui ne sont que le reflet de la haine de ceux qui les profèrent. J’ai appris également à mieux choisir mes batailles, mais je ne renoncerai jamais à celui de la mixité et de l’égalité entre hommes et femmes. Et il ne sera jamais question que je me taise pour ce sujet qui me tient particulièrement à cœur, et qui propose de faire reculer le peu de libertés, mises chaque jour un peu plus en péril.
Donc, je suis là pour dénoncer ce projet basé sur la discrimination. 
Au lieu d’éduquer nos sociétés et apprendre à ses hommes et femmes le respect l’un de l’autre, on voudrait les séparer, pour renforcer l’idée arrieriste que la femme n’est pas l’égale de l’homme, et qu’il faudrait la "protéger" dans des espaces confinés, afin de ne pas tenter l’homme… Et si on y réfléchit, cela revient en même à la renvoyer à son foyer, et à tous les gynécées, afin que l’espace public soit aux réservés aux hommes.
Alors oui, la femme se fait harceler dans tous les espaces publics y compris les transports en commun, mais la solution n’est pas de la confiner, mais de mieux éduquer la génération future au respect et aux idées d’égalité, et dans l’urgence du temps présent, la protéger par des lois répressives et par un système de surveillance.
Et par conséquent, je propose qu’on multiplie les caméras de surveillance, comme cela se fait pour la circulation actuellement, mais pour les côtés des passants et pour les espaces publics piétons. Et surtout, puisque tout sera filmé, qu’on appréhende les agresseurs et qu’on les juge. Que cela soit médiatisé aura déjà un impact dissuasif positif…
Quand au problème des bus, puisque c’est de cela qu’il est question, il suffirait que les maires obligent les sociétés avec lesquels ils ont des conventions de transport public, de se doter de systèmes vidéos de surveillance, comme cela se fait dans tous les pays développés.
La surveillance est notre fort généralement, c’est lorsqu’elle devrait protéger les citoyennes qu’elle fait défaut. Il est temps de penser sérieusement à des solutions pérennes, au lieu du bricolage qu’on nous propose à chaque fois.

Sur ce, je m'en vais créer une pétition dans ce sens sur Avaaz, afin de demander aux maires de nos villes d'obliger les sociétés de transport à doter les bus de caméras de surveillance. J'espère que vous serez nombreux à la signer et la partager. Je la remettrai à une associations qui défendent les droits des femmes, afin qu'elle ait le plus d'impact possible, et pour qu'elle la transmette à son tour au Ministère de l'Intérieur, et à qui de droit.

vendredi 22 décembre 2017

Vœux de Noël et de Fin d'Année


Je n’ai jamais cru au père Noël, mais je crois aux cadeaux, aux gâteaux, aux bonbons et chocolats. Surtout à l’After-eight, aux zestes d’orange enrobés de chocolat, et à tous les chocolats noirs. Je crois aux fleurs, aux sapins et aux décorations diverses qui embellissent les vitrines et les maisons. Je crois aux lampions qui donnent des airs de fêtes et scintillent de joie. Je crois aux sourires des enfants, et à leurs regards émerveillés par la magie des jouets et de tout ce qui brille.
Je n’ai jamais cru au père Noël, mais je crois aux valeurs des fêtes et des réunions familiales. Je crois que n’importe quel nom qui pourrait signifier l’esprit de rassemblement pour les gens devrait être célébré. Je crois à l’amitié, à l’affection et l’amour, et quand une circonstance peut les démontrer, ou au moins les mettre en avant, j’y crois fortement.
Je n’ai jamais cru au père noël ni ma famille non plus, mais mes parents nous emmenaient aux Nouvelles Galeries à Casablanca, et j’ai le souvenir de photos en noir et blanc avec la personne déguisée en père Noël. Sa barbe blanche était synonyme de sagesse et de bonté pour moi, de largesses et de friandises également. C’était une occasion pour s’habiller élégamment, se promener sur les boulevards et prendre des goûters gargantuesques. On allait également au cinéma, et pour un ticket on pouvait parfois voir deux films.
Je n’ai jamais cru au père Noël, mais je crois aux valeurs des inventaires que l’on fait en cette période. Je crois aux réflexions sur ce que l’on a déjà fait, et sur nos espoirs pour un futur meilleur. Je crois au destin, aux pardons, aux inventaires comptables et aux personnes qui soldent leurs dettes. Aux gens simples qui savent que l’emprunt qu’on leur a fait toute l’année, devra être réglé pour que l’on puisse tous continuer à commercer et à s’entraider. Je crois à la valeur des gens, à leur honnêteté, et leur affection dénuée d’un quelconque intérêt.
Je n’ai jamais cru au père Noël, mais aussi paradoxal que cela puisse paraître, en prenant de l’âge, je commence à y croire. Depuis que mes enfants vivent dans des pays différents, et profitent de cette occasion pour venir et nous réunir à la maison, c’est pour moi c’est la plus belle fête au monde. Peu importe que ce soit la seule période de l’année où ils sont forcément en congés, j’ai envie de croire que c’est la magie de Noël qui les ramène. J’ai une ferme croyance pour la magie des retrouvailles, et pour la tendresse et l’amour qui nous unit.
Je crois au génie de la fête, à la diversité et la tolérance. Et je profite de cette circonstance pour dire à tous les esprits chagrins, ceux qui s’autoproclament vrais musulmans et donnent des leçons à ceux qui font la fête, que leur étroitesse d’esprit et de pensées les mène à une tristesse que je ne leur envie pas. Et je suis suffisamment magnanime et gonflée de béatitude pour leur souhaiter de s’ouvrir au monde, et de guérir de leurs complexes.
Je voudrais surtout à cette occasion souhaiter à tous mes amis, qu’ils soient Croyants ou pas, qu’ils pensent que le père noël existe ou en profitent juste pour s’amuser, qu’ils soient d’un pays ou d’un autre, un joyeux Noël et de très bonnes fêtes de fin d’année. Et j’ai une pensée particulière et spéciale pour tous ceux qui n’auront pas les cadeaux qu’ils espéraient, ne peuvent faire la fête comme ils l’auraient souhaité, sont loin de leurs aimés et de ceux avec qui ils auraient préféré passer cette période.
Alors à vous tous mes amis et ceux qui lisent ce texte : Mes Meilleurs Vœux pour un avenir radieux, 
Je vous souhaite de Très Joyeuses Fêtes !



mardi 19 décembre 2017

Cœur de Jasmin




Entre blanc et rose,
Entre poème et prose,
Le cœur velouté du jasmin
Délivre son parfum
Chaque matin.
Les abeilles mutines
Butinent son nectar,
Se repaissent de son étendoir
Et de son effet miroir.
C’est ainsi qu’elles essaiment
Son fragile charme,
Qu’elles l’aiment
Jusqu’à rendre les armes.
Que germe et naît,
La fleur qui ravit l’esprit
Et bruine l’âme,
De lumière diaphane.
La nature est si belle,
Quand gracieusement
Elle offre les couleurs,
Et les senteurs de son cœur,
Aux regards sublimateurs.


vendredi 15 décembre 2017

Bribes d'une journée... peut-être pas comme toutes les autres




Il y a le ciel qui est redevenu implacablement bleu, le vent glacial, et le soleil qui me fait de l’œil, et auquel je cède jusqu’à brûler mon dos. Et il y a ce froid, qui est entré dans mes os pour les faire gémir et dans ma poitrine pour faire monter ma fièvre. Les moments de pluie sont toujours trop courts, le soulagement ne vient que lorsque l’on est à bout. Il laisse après son passage une faille, une fatigue du corps que les désagréments se plaisent à combler.
On se croit toujours, je ne dirais pas invincible... mais solide, au moins, et le plus petit microbe est capable de nous abattre.
On se croit encore jeune, et la vie s’arrange pour nous dire le contraire.
On croit que les gens seront fidèles à leurs promesses et serments, et ils nous déçoivent toujours… Mais ça c’est un sujet dont je ne veux pas parler pour le moment.
Rassurez-vous, je ne suis pas amère, juste réaliste. On dira que c’est l’avantage de l’âge, mais je ne veux pas de sa sagesse lénifiante. Je veux continuer à vivre en marge des idées tempérées, et croire qu’il y a de par le monde des personnes qui sont assez folles pour comprendre les nuances de ce que j’écris.

Je vis un de ces paradoxes… mais c’est le propre même de l’humain. N’est-il pas ?
J’ai cru en prenant des tisanes et du citron au miel que je pouvais soigner ma bronchite ! 
Hahaha ! J’ai bien fait rire mes bactéries aussi ! Elles se sont délectées du miel et des bonnes herbes pour croître et s’épanouir. Cette nuit, la fièvre est montée tant que j’ai cru que je planais sur Mars… Ce n’était pas pour me déplaire, finalement… C’était si désertique, que j’ai senti la chaleur qui me manquait. Bref, résultat de la course, j’ai filé ce matin à la pharmacie, malgré mon état lamentable, pour récupérer les antibio, cortico, antipyro… enfin toutes les drogues, très utiles, et extrêmement efficaces pour soigner ma poitrine. Alors à partir de maintenant, je redeviens pharmacienne… j’ai cru un moment que l’allopathie était juste mon gagne-pain…
Je vous le dis mes amis, une heure après avoir pris mon traitement, je respirais déjà mieux. Pourquoi on nous fait croire que la nature fait bien les choses ? Oui, parfois, mais elle a besoin de coups de pouce aussi. Et l’intelligence humaine a permis de perfectionner certains de ses attributs.

On revient de tout, je vous le dis ! Les contradictions sont notre lot quotidien. Exercer en tant que pharmacien ou médecin, prescrire des médicaments aux gens, et s’en passer pour soi-même, c’est comme être avocat ou juriste et croire que la loi ne nous concerne pas, ou bien faire de la finance et se soucier de l’humain… vous voyez les nuances ? A ce propos, ils me font bien rire ceux qui disent qu’ils font du commerce équitable, c’est juste le moyen de vendre plus cher leur trucs…
Bon, je redeviens amère. Mais vous me connaissez assez bien maintenant pour me pardonner. D’ailleurs, ce n’est pas moi qui parle, c’est la fièvre qui remonte…
Il est temps que je me remette sous la couverture que j’ai étendue ce matin sur mon mur, la vérité donne toujours froid aux pieds !

Si vous pouviez me voir, avec mon châle, mes quatre pull-overs et mon gros peignoir, vous exploseriez de rire, à me comparer avec ma photo de profil. J’ai pris 40 ans de plus, à cause d’un tout petit microbe… Qui a dit qu’on est toujours battus par plus petit que soi ?
Ou encore que l’âge ne compte pas ? Il compte mes amis, surtout quand on est fatigué…
La vie est belle malgré tout ! 🙏💝
Tiens ! je vais mettre avec ce texte une image pour compléter l'illusion 😉


mercredi 13 décembre 2017

La page blanche




La page blanche est immaculée.

Et je n’ai que faire du blanc glacé,
Immaculé de trace de vie.
Je la veux pleine de griffonnage,
D’engrenage de mots et de phrases.
Chargée d’émotions,
Encombrée de passion.

Le blanc est aussi triste
Que le reflet de la lyre qui résiste.
J’aime l'habiller de créations,
En faire un modèle de collection.
J’adore la voir se mouvoir à la lumière du soir,
Lorsque les idées sont couchées
Et maculent finement mon cahier.

Qu’elles s’assoient sans émois,
Je veux m’alléger de leur poids.


samedi 9 décembre 2017

Palestine




On peut me chasser, me casser,
Briser mon dos et le fracasser,
Je ne leur céderai pas.
Je ne me cacherai pas de leurs chars,
De leurs phares, de leurs armées de fauchards.
Je ne plierai pas le genou.
Ils peuvent me hacher, me lyncher,
Baver sur ma peau écorchée,
Je me relèverai de leurs coups.
Je me tiendrai debout.
Pleurant, peut-être,
Mais nourrissant ma rage,
Pour lutter sans ambages.
Je saurai riposter,
Sans jamais abandonner.
Et je leur survivrai. Car,
C’est ma terre, ma mère,
L’olivier à la source première,
La maison de mon arrière grand-père,
La flamme de l’éternelle prière.

vendredi 8 décembre 2017

Série Questions légitimes : Texte 3





Je me demande où sont partis mes rêves d’enfants. Les  miens, les vôtres, ceux que l’on façonne entre l’oreiller et la flamme de son âme. Sont-ils entreposés quelque part, sur un nuage nommé espoir… Ont-ils voyagé dans le temps ? Entre soleil et sommeil, entre lune et miel, entre la vie et les étoiles de l’infini. À la farandole, ils dansent la confiance des retrouvailles. La file qui serpente est nommée attente… s’en échappent des fragrances… La patience donne la cadence : entre jardins et rêves se trouve la trêve... la grâce, l’instant du regard… distant. Du verbe dépouillé d'habillements.

Série Questions légitimes : Texte 2




Je me demande ce que le temps dit aux saisons, pour qu’elles perdent la raison. Que l’une se dénude et l'autre pleure le monde… le temps roule sans scrupule, tourne sur l’axe de Pyrée, traverse la matière, effraye les hommes… et les femmes… qui voient leurs traits se labourer. Le printemps résiste si peu, l’été dégueule sa chaleur… sur les corps qui flétrissent et s’assèchent comme les feuilles d’automne… qui se détachent... et remontent vers le dôme. Le temps vainc toute saison… de vanité.

jeudi 7 décembre 2017

Série Questions légitimes : Texte 1




Je me demande ce que le vent dit aux vagues, pour que la mer se démonte, se soulève et se rabat sur des récifs trop étroits… afin qu’elle se disperse, et que les gouttes flottent un instant, entre brume et pluie…. Entre ce qui était et ce que pourrait devenir… l’eau… si elle s’évaporait, et retournait vers ses vieux nuages qui obscurcissent certains cieux, ou ce brouillard latent... qui nous attend.


dimanche 3 décembre 2017

Seule la mer comprend les vagues




Seule la mer comprend les vagues,
Allusions que le cœur exprime.
Au-delà du voyage, la route
Divague sans ambages.
Je ne saurais dire où tes yeux
Brumeux naviguent.
Ce que je vois et ce que je perçois
Fondent dans un voile délicat.
Il est des espaces où le regard
Tait le mystère d’un univers.
Le silence mousse sur l’écume
Fragile de l’émotion,
Tandis que la vague déferle
Au loin dans l’océan. 

dimanche 26 novembre 2017

L'attente
























Elle écosse les fruits du temps,
Enfile les perles,
Un collier orne son cou.
Seule, dans le cru de sa vie
Elle recueille les feuilles d’automne,
Écrit sur leurs veines
Des miettes de mots.

Le temps,
La mousse qui pousse
Crescendo
Sur le mur du destin.
Tremble qui touche
La cime des étoiles
Goutte de sève,
Et frémit.
Son cœur vacille,
Seul, il veille le fanal.

Le vent,
Chante à sa porte
En bois de jasmin.
Dans son jardin,
La complainte
Est au bout des cils.
Elle glisse et brûle,
Docile.

Le temps,
Boit la lie
De chaque instant.
Elle attend.

vendredi 24 novembre 2017

Le refuge


À l’orée des saisons se trouve une porte en bois,
Une haie de bougainvilliers enchevêtrés de rosiers,
Des nids de passereaux sous les feuillages,
Une pelouse d’herbes folles,
Et un bassin de nénuphars
Entourent la maison en pierre,
Qui engrange la lumière.
Le gravier de l’allée mène à l’ombre de l’olivier.
L’air est léger,
Les fleurs et la douceur composent
L’âme de la demeure.
C’est une maison qui sent le pain et le jasmin.
C’est l’écrin…
Où se réfugie le cœur, 
Et l’esprit en quête d’accalmie.

mardi 21 novembre 2017

Turpide mort de conscience


Photo du site d'information Bladi : Restes de la bousculade dramatique du 19 Nov 2017 à Sidi Bouaalam- Région d'Essaouira


Nul œil nul cœur
Aux handicapés des sentiments
Le monde des bas-fonds
Remonte,
Le vent criard, crie
Et charrie, 
Leurs haleines putrides
Mon cœur empli d’amertume
Exhume et fossoie dans la brume
Pluie de chagrin accompagne
Le convoi des oubliés de fortune

Tournent tournent les hirondelles
Au-dessus des âmes tendres
Que reste-t-il au réveil
Des cris de luttes perdues
Les larmes m’emplissent l’âme
Aux martyrs,
De miettes de vie
La colère brûle mes paupières
Turpide mort de conscience

vendredi 17 novembre 2017

L'aubade du rossignol




Les matins de bonheur sont ceux où l’aubade du premier rossignol me tire du sommeil. Je m’étire et ouvre les yeux, la nuit n’est pas encore partie, mais un léger faisceau s’immisce déjà dans l’ourlet du voilage. De ma fenêtre fermée, j’entends le chant de la vie et l’allégresse de son éveil. Lorsque je soulève le drap, de la poussière danse dans le rayon de lumière. Je sais alors que je respire, et que la nature est à portée de joie. Mes os craquent pour ajouter du rythme, mes muscles baillent et se détendent. Ces jours-là, mon corps se meut en souplesse. Le soleil prend alors plus d’espace, ses couleurs se démultiplient en une myriade de cristaux sur chaque verre qu’ils frôlent. Au ballet de l’univers, j’ai l’impression d’être l’étoile, l’exquise musique continue à faire valser mes espoirs. Le soir vient, il vient toujours. Quelques minutes à peine, ou des heures plus tard… Je ne puis l’éviter. Toutefois, j’aurai gagné mes instants d’éveils, et la beauté de ces réveils.

mercredi 15 novembre 2017

Que ne suis-je fourmis...




D’un tremblement de paille
Un lièvre détale
L’oiseau bâilla fort
L’air est précoce
Des fourmis besogneuses
Fourragent l’argile
Les fleurs ne sont plus
La couleur a terni
Le ciel implacable
Réserve son verdict
Est-ce la fin de l’été ?
Et ce cépage alors ?
Me sera-t-il servi ?
Ivre de tourments
Mon corps exsude
Le miel est ailleurs
Le blé ne sert plus
De ses allers et venus
L’enfant m’a prévenu
La vallée a déballé
Son attente caustique
Que n’ai-je compté les nuits
Que ne suis-je fourmis
J'aurais fait des réserves
Pour nourrir l'hiver
Pour ne sentir le manque.

vendredi 10 novembre 2017

Dessin



Sous les rides d’un sourire
Je dessine l’ombre des palmiers,
Qui défient l’avenir.
Les palmes n’ont de cesse de bouger
Et mon crayon voyager
Pour les bien esquisser.
Que ne ferais-je pour garder l’instant
De ce printemps, et ses bourgeons,
Fragile avenir palpitant.
Le temps gagne sa prise
Sur la mesure et l’ombre
De l’estompe, et de la reprise.

jeudi 9 novembre 2017

Phrasées suggérées par le Chergui






Il y a le beau et le sublime. Et ce dernier est celui qui s’inscrit à l’encre indélébile.
Le beau fait plaisir à voir, le sublime nourrit l’âme.
Entre le désert et moi s’entame une histoire d’amour lentement. J’ai l’impression de la connaitre pourtant.
Est-ce une histoire de sable ? De vent ? De cette étendue qui semble infinie ? Des deux couleurs seulement qui le caractérise ? Ou bien des gens d’ici qui me nourrissent ?
Il me semble à chaque fois trouver un nouvel argument. L’esprit lutte pour revenir à sa nature, et l’âme pour rester méditative.
Au cœur du désert je suis moi, et m’en délecte. Si je pouvais, je resterais dans ses bras à jamais. Le silence est devenu mon ami. Le chergui vient me tenir compagnie.
Il m’a susurré de ces nouvelles ! A décillé mes yeux d’aveugle !
À peine… J’ai tant à apprendre.
Une chose dont je me doutais et qu’il m’a confirmée.  Je la partage de nouveau avec vous : En matière mystique, le créateur est unique et il n’y a aucune vérité qui prime sur une autre.
Le Chergui m’a dit aussi qu’il faut se méfier de ceux qui portent un sourire énigmatique et enivrent de doucereuses musiques.
Il m’a appris qu’il ne faut pas se laisser bercer et rester en surface. Il faut rire ou se répandre en pleurs. Vivre de vrais sentiments, et non de leur effleurement. Vivre sans crainte et sans relâche. De tous les atomes dont on a été créé. Sans aucun regret.
Ne partir qu’après avoir orné les murs des suivants de cascades de mots qui les réjouiront. Ainsi, laisser des éclats de rire pour seul héritage.
Lui, il ne fait jamais dans la demi-mesure, il est aussi brûlant que les sensations qu’il déterre derrière les dunes.
Ce ne sont pas des leçons. Le désert est beaucoup trop grand pour en donner. Il sait que chacun peut y tracer sa route. Que son vent viendra l'effacer au besoin. Il suggère seulement de nouvelles pistes. Et c’est bien cette liberté-là qui m’ensorcelle en lui.
Mais il est si froid le soir qu’il tape dans le crâne, et si sec au jour qu'il liquéfie. Je me demande parfois si ce n’est pas égoïste de sa part. Mais comment lui en vouloir, c’est moi qui suis venue le voir.


samedi 4 novembre 2017

Du charme du vent





Le vent est un sacré farceur, 
Qui n’en finit pas d’aliéner les cœurs !
Au soleil il a parlé de chaleur,
Au ciel de couleurs,
Et aux étoiles de l’aurore.
Il faut l’écouter gémir,
Harmoniser ses instruments pour séduire.
Il arpège du nord au sud,
N’a aucune pudeur dans ses attitudes.
Sacré Bise ! Sacré Brise !
Malheur à celles qu’il effleure,
De son charme ravageur !

vendredi 3 novembre 2017

Zagora, derrière les pas du baudet...






Derrière les pas du baudet, je trébuche en cherchant des mots. L’alphabet se disperse dans l’aridité de la terre assoiffée. Je suis loin, et si près de moi. Des sentiments de vécu, de nostalgie m’étreignent sous le soleil éclatant. Je me réveille et me rendors, dans ces retrouvailles qui ne portent pas de nom. J’use et abuse de ma vie d’avant, comme écran, pour parer l’enfouissement.
Chaque jour porte sa marque particulière, aujourd’hui un couscous m’attend. Dans les mosquées, on prie pour la résurgence de l’eau, pour un malade, pour la femme en couche, pour ceux et celles qui ne mangent que la semoule. La ville survit, achète l’eau de Fayja, apportée par des citernes sur des triporteurs. Foum Zguid et ses fermes de pastèque avalent la nappe phréatique. Draâ est sec. Des femmes en noir, et des hommes bleus bravent le désert.
La solitude m’effleure à certains moments, le rire des enfants sortant de l’école me la fait oublier. Je me reconnecte et vois le monde à travers un écran. Le bruissement des palmiers me rappelle à l’ordre. Même les mouches ne me dérangent pas, la nature reprend peu à peu ses droits. La sensation de vie est là, à travers les histoires que je raconte. Je n’oublie rien ni personne, ma mémoire est un gouffre qui n’a pas de fond. Nul besoin de fouiller dedans, les souvenirs remontent lentement. Au milieu de rien, ils ont trouvé le moyen d’exhaler leur parfum.
Encore des pas derrière le mulet qui avance en dandinant, peut-être bien qu’il trace des signes que je n’arrive toujours pas à déchiffrer… 

mardi 24 octobre 2017

Etre Libre.... et Femme




Fermer les yeux et épouser la forme du sol
Percevoir le début d'accalmie,
La chaleur granuleuse du sable.
Laisser vaquer l'esprit,
Au delà du ciel et des étoiles,
Dans cet infini espace de calme,
Pour éteindre le vacarme.
Allumer la vacillante flamme.
Sentir la vague qui ranime le cœur,
Et anime l'âme.
Être Libre...... et Femme



samedi 21 octobre 2017

Poème d'automne





L’âme de la poésie réside dans le cœur du vent.
Celui de l’automne est turbulent, et particulièrement inspirant. Ses feuilles dorées à point roussissent déjà, miroitent des couleurs ocres de leur saison. Bientôt la brise va les détacher. Ils résistent aux premiers souffles, se maintiennent sur leur pédicule, frôlent le ridicule, parfois, à croire qu’ils pourront dépasser l’hiver. La bourrasque les arrache pour les faire danser. Danser, puis flotter, et doucement comme un papillon, se poser ainsi que leurs pairs.
Entre grain de lumière et poussière de nuit, ils reposeront dans le ventre de la terre qui les a nourris. Ainsi va la vie… et la poésie


mardi 17 octobre 2017

La couleur au cœur des mots


Tableau :Blue rapsody by Leonid Afremov

Les mots ont des couleurs et un cœur.
Ils prennent une allure chair pour décrire les frissons d’une peau, une carnation pour le vert des près, le bleu du ciel et d’oxygène, la terre de sienne ou de sable selon l’aventure et la hardiesse. Ils sont rouges vifs pour la douleur et brillants pour l’amour, roses joyeux et jaunes lumineux et jaloux ... Des nuances qui métamorphosent les sentiments, et les modulent, suivant le corps du texte qui veut refléter son âme.
Ils inventent des univers et sont bien plus puissants que tout ce que l’on voit. Leur musique appelle ce fond créationniste qui a précédé notre venue, ce temps infiniment incommensurable. Leur diversité est si éparse qu’on ne peut tous les apprivoiser.
A en dompter un lexique, ils nous habitent et prennent possession de nos sens. Ils nous émeuvent et nous attristent, nous tentent et nous attisent. Ils teintent l’absence et le silence, les retrouvailles et le bonheur. Ils sont ces éclats de vague et l’écume qui se dépose sur les galets, l’odeur subtile d’une essence ensommeillée et la senteur lys au jardin de l’allégresse...
Ils deviennent la musique que l’on ne voudrait jamais cesser de respirer. Ils sont la passion qui nous permet de continuer à être.

mercredi 11 octobre 2017

Le jour où j'embrasserai mon destin






Quand la nuit aura cessé de nuire
Et que le jour aura cessé de bruire
Je serais dans ces contrées sauvages
Séparée des prairies d’élevage
Et délestée de corps et d’empreinte
J’oublierai ces captives contraintes.

Demain, je partirai au petit matin
Il n’y aura ni adieu ni geste de la main
Ce sera le matin de lumière intense
Qui scintillera de sublimes substances
Je rejoindrai l'affluent du ciel
Au confluent de l’amour essentiel
Je voyagerai loin, longeant ce chemin
Jonché de roses rouge carmin.

Demain, est un aujourd’hui en partance
Où le temps n’a aucune importance
Une danse sur des étoiles en fleurs
Une musique qui retrouve son cœur
Un pays où les mirages ne sont vains
Le jour où j’embrasserai mon destin.