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Artisan orfèvre des mots, spécialisée dans le filigrane.

samedi 23 septembre 2017

Réflexion : De l'observation des étoiles




Lever la tête et suivre les dessins du ciel.
Grossir l'image jusqu'à voir les cratères de lune, l'anneau de saturne. Retrouver l'arc de la voie lactée, les représentations que forment les constellations, pointer les nébuleuses, les étoiles éclatées. Réaliser que l'image que l'on voit a traversé des milliers d'années lumière avant de nous parvenir...
Sentir cette infinitésimale grandeur de l'univers, et l'infinitésimale futilité de nos petites existences...
Et cette odeur de fumée du bois résineux autour duquel s'est faite la veillée des étoiles, et qui éveille un étrange sentiment, une étrange mémoire...
Et ces étoiles filantes, et cette aube qui appelle... et qui réveille...


Voir la nuit guidé par un œil exercé est de l'ordre de la magie.
Observer les étoiles donne un frissonnement au cœur... laisse toujours une empreinte.



jeudi 21 septembre 2017

Adagio : Voeux du Nouvel An





La vie devrait être un Adagio,
N’est-il pas le meilleur rythme que l’on devrait adopter ?
Ni trop lent, ni rapide, un mouvement qui s’orchestre si bien avec les battements du cœur, une harmonie qui élève l’esprit et dévoile la beauté de la nature. Mais les trous d’air apparaissent pour vous tirer vers le bas, il faut alors s’accrocher à la force de la confiance en soi, de l’affection et du soutien de sa famille, et de ses amis, pour se maintenir en équilibre.
Tourner chaque journée comme les pages d’un cahier,
Écorner les jours sombres, en espérant qu’avec le temps, plus aucune feuille ne sera jamais pliée. En souhaitant que seule la lumière se répande le jour.
Et attendre patiemment que la mélodie reprenne, 
Pour respirer de nouveau,
Pour se réapproprier la musique de son âme.

Très belle veillée du Nouvel An, mes amis
Qu’elle vous comble des bienfaits de sa nouvelle lune
Qu’elle apaise les cœurs, et lisse les rides de la nature
Et qu’elle vous apporte la force, la tendresse et l’amour

Ombrages


Nuit étoilée - Vincent Van gogh


La douleur quand elle lancine
Vertige du temps, du chaos
Inscrit dans les fragments de chair
Qui se rappellent à ces souvenirs
Qui font suffoquer de peine.

Tristesse quand elle s’accapare
De l’âme rissolée par le feu
D’un brasier qui cuisait
Dans l’abîme d’un puits
Qu’aucune échelle de temps
N’a jamais atteint.

Je ne suis pas la vie
Je n’ai plus d’envie
Je ne suis pas le temps
Je n’ai aucune patience
Je ne suis pas la nature
Je n’ai pas sa mansuétude.

Rage quand elle s’empare
Tel un orage d’un esprit
Vaincu par l’asthénie.

Ombrages quand allez-vous
Quitter ces lieux de faction,
Et que les couleurs recouvrent
Les guets de charmille.

Je suis accablée
Désarmée
Malhabile,
Je suis brisée et fatiguée.
Je ne puis rien offrir,
Qu’un confetti de larmes.


lundi 18 septembre 2017

Abysse


"Abysse" - B. Alexis - huile sur toile 2012



Entre Je et Moi
Réside un indicible abysse
De mots enfouis si profondément
Qu’une vie ne suffirait à extirper.
Je m’acharne pourtant,
Je creuse,
Fort.
Je sue de sang et de passion
J’y ligote mon cœur et ma fureur.
Et je rage,
Je m'asphyxie,
De ces ténèbres,
De ces chiquenaudes de mépris.
Je m'abhorre,
De manquer de force,
De les voir exposés.

samedi 16 septembre 2017

Les sens (l'essence) ... d'un "mot"








J’ai toujours su que les mots avaient plusieurs sens.
Ils valsent et se baladent, prennent le rythme des autres mots auxquels ils s’accrochent.
Mais parfois, on peut trouver le mot qui se suffit à lui-même. Il a une résonnance, qui fait plonger dans un univers de constellations particulières. Ces mots-là sont si puissants qu’à leur seule évocation vous voyagez et vous détachez de votre canapé. Ce sont des mots de rêves et d’évasions. Ils sont les mots les plus riches du dictionnaire, de ceux sur lesquels on peut écrire des pages et des livres.
L’autre jour j’ai essayé un mot de tous les jours, un terme banal, je n’en suis pas encore au compliqué. J’ai écrit le mot "fille".
Je n’ai pu m’arrêter de transcrire les impressions qu’il me révélait, tout au long de la journée. Je ne vous dirais pas combien de feuilles j’ai remplies. Il m’a poursuivi jusqu’à mon lit, et a peuplé mes rêves de nuit. Entre filiation et succession, des romans peuvent s’écrire. Je n’en suis pas là, c’était juste pour dire.
Une autre fois j’essaierais un mot encore plus simple, avec moins de connotations, c’est un très bon exercice. Écrire un mot et se laisser habiter par son âme. S’en imprégner, revisiter son essence, et voir jusqu’où s’élève sa fragrance. L’étaler du bout du stylo sur la feuille blanche. Retrouver la tendresse qui s’en dégage, la tristesse qu’il évoque, sa sensibilité et ses diverses particularités.
Il devient vivant. Sa mélodie invente ses notes, elle peut créer son propre monde. Et quand la main se met à danser sur le papier, un doux vertige se répand sur les pensées.




vendredi 15 septembre 2017

L'été s'éternise...





La baie gonfle et se gorge de suc
Prend la couleur brune du sucre
Au soleil flamboyant de l’été
Elle a lentement cristallisé
Sa douce chair pour plaire
Au désert et ses nomades stellaires.
Les fleurs sauvages se reprennent
Ajustent leurs coiffes châtaigne
La chaleur est étourdissante
La saison était éblouissante.
L’été s’en va doucement
Brûlant les dunes impunément
Laissant les palmiers s’alourdir
Des fruits de l’automne à venir.
Ses rayons s’alanguissent sur la ville
Révèlent les fugaces idylles
Ces tendres entrelacs d’étreintes
Et leur durable estivale empreinte. 

De l’autocensure en écriture,




Ivresse des mots
De miel au goût âpre
Qui glissent dans les plis
Des phrases inutiles
Boire la liqueur vive
La mâcher et recracher
La raison se penche
Sur la lie de la nuit
S’enivrer de serments
Se soûler de promesses
Suis-je condamnée ?
Par les noirs ennuis
Dans l’attente des blâmes
Au réveil de l’esprit
Qu’ai-je fait de mes projets ?
Quel juge saura jauger ?
Qui de l’autre sera damné ?
Que la hargne se réveille !
Ne puis-je un jour espérer ?

jeudi 7 septembre 2017

Marocains, nous sommes multiculturels, pas schizophrènes !







 « J’ai écrit mon identité
A la face du vent
Et j’ai oublié d’écrire mon nom »
Cet aphorisme, qui donne la notion de l’identité, est du grand poète syrien Adonis dont je partage les idées.
Car qu’est-ce que l’identité, si ce n’est l’acceptation de ma nature humaine d’abord, avant toute autre considération. Qu’est-ce qu’un nom, sinon celui par lequel on m’a baptisé, et dont certains voudraient se servir pour m’enfermer dans une case culturelle.
En théorie, l’identité, par son côté philosophique, comporte trois notions : c’est d’abord la relation de tout individu à lui-même, son appartenance à un groupe, et enfin le degré de ressemblance des membres de ce groupe. En psychologie, c’est la représentation de soi que cet individu se fait, et comment le groupe le perçoit.
Dans la réalité c’est tout autre chose. Dans la vraie vie, on voudrait séparer les gens en groupes, en castes, par leur naissance, leur formation, ou leur culture. Et comme Adonis, je m’insurge et refuse cette séparation, en l’écrivant à la face du vent.
Certes, j’habite au Maroc, je suis Amazigho-Arabe de "souche", mais je suis également arabo-occidentale de culture. Et j’adore ces deux versants de ma nature. N’en déplaise à tous ceux qui veulent se replier, et s’enfermer dans le carcan d’une identité culturelle exclusive, moi je me meus avec aisance dans les deux, sans que cela n’induise un paradoxe. Mes deux cultures ne sont jamais en opposition, ils s’enrichissent et se multiplient l’une par l’autre, et forment mon être, ma véritable seule et unique identité.
Il n’y a aucune "schizophrénie" dans cet état de fait, puisque j’ai la liberté de choisir laquelle incarner, et que je l’applique consciemment à tout moment. Je ne me sens contrainte ni par l’une ni par l’autre, et peut m’émouvoir aussi bien d’une chanson d’Oum Kaltoum, de Abdelouahab Doukkali ou de Idir, que d’une chanson de Jacques Brel ou d’Aretha Franklin. Je peux lire Rubaiyat Al khayam et Naguib Mahfoud, comme j’adore partir à la recherche de tous les temps perdus, que ce soit celui de Marcel Proust, ou bien les œuvres de Marguerite Yourcenar.
Mon identité ne s’étend pas à un pays ou une région, elle est la liberté de me sentir entière dans chacune de ces deux cultures. Celle Amazigho-arabe qui m’a fait naître et qui m’a été offerte, et celle occidentale que j’ai acquise, que j’ai fait l’effort d’étudier et d’approfondir, et que j’assume entièrement.
Je ne me sens pas étrangère à cette dernière, je l’ai gagnée par mes études, mon travail et ma persévérance. Je ne la dois à personne. Une culture est un essaim de pollens portés par le vent, elle fleurit là où elle trouve un terrain favorable, là où elle est bien arrosée et entretenue. Comme je ne vois pas d’inconvénients à ce que d’autres s’approprient et développent celle de ma naissance. Cela a déjà été le cas par le passé, et peut continuer maintenant. J’aurais pu m’intéresser à la culture nippone, ou mexicaine, ça n’aurait rien changé, je serais dans l’acceptation de cette deuxième ou troisième culture.
L’identité s’écrit à la face du vent, comme a dit le poète, il a oublié d’écrire son nom, tant il se sent universel. Pour ma part, je déteste également les mots tels que fermeture, clôture, frontières et pensée unique… Ils me rendent claustrophobe.
Mon choix de m’approprier ces deux cultures est délibéré, et je hais le terme de Schizophrénie, qui s’est emparé de toutes les discussions, un tant soit peu "intellectuelles".
On est multiculturels, il faut l’admettre, une bonne fois pour toutes, afin d’éloigner ce spectre psychiatrique qui nous rendrait grands malades mentaux. On est multiculturels qu’on ait fait des études ou pas, qu’on le veuille ou non, et cela se voit tous les jours dans nos villes et nos campagnes. A des degrés divers, il est vrai, mais des nuances existent. Et chacun est libre de puiser dans l’une ou l’autre des cultures qu’il lui soit donné la chance de vivre ou d’étudier, ce qu’il pourra, mais également ce qui lui plaira. De créer son alchimie particulière, d’avoir une saveur unique, avec un bouquet riche, à l’image de notre bonne cuisine. Ainsi que de l’exporter et de la diffuser, en tout ce qu’elle a de bien et de positif.
On est multiculturels, c’est celle-là notre identité. Et plus vite on l’admettra, mieux on vivra bien, dans l’acceptation de soi-même d’abord, mais également dans l’adhésion et l’ouverture aux richesses des autres cultures du monde.



mardi 5 septembre 2017

Des mains,




Vides sont les mains qui ne saluent,
Ne touchent, n’embrassent un ami ou un voisin
Qui calculent parcimonieusement leurs gestes,
Qui ramassent et comptent la moindre pièce
Et ne servent qu’à se bourrer le ventre.

Vides sont les mains qui ne se tendent vers l’autre
Qui ne caressent, aiment et réconfortent
Qui se croisent sur un buste creux
Qui n’ont pas d’âme, et restent pendant,
Le long d’un corps, à l’apparence vivante.

Mortes sont les mains qui n’offrent rien
Qui ne travaillent, ne transpirent, n'écrivent
Ne se salissent, afin de partager leurs biens
Des mains gantées, figées de toute humanité
Qui se putréfient en fétides moignons.


dimanche 3 septembre 2017

Contribution à l'histoire ?


Comme d’un robinet dont l’eau peut se réduire, sans jamais se tarir, l’histoire goutte sur le diaphane d’une vasque de peaux humaines.
Chaque goutte désaltère la peau, lui rend vie, dessine des cercles concentriques dont l’onde se propage en s’agrandissant sur la terre d’ancêtres lointains.
Est-ce utile de connaître son passé pour aller de l’avant… Pour comprendre ce que chaque fragment, chaque poussière de gènes a apporté dans la construction de tout un chacun.
Il y a l’acquis également, que les uns ou les autres des ancêtres, au fil du temps, ont gravé dans leurs cœurs et inscrits dans leurs âmes et sur leurs armures, et qui s’est perpétué à travers les siècles.
Il est indéniable qu'on ne pourra jamais connaître le passé, toute l'histoire...  Mais puisque nous sommes là, il y a d'autres genres de questionnements auxquels on pourrait réfléchir, qui peuvent être plus à notre portée, et qui s’avéreraient utiles au quotidien.
Puisque le propre de l’histoire est d’améliorer l’héritage du passé, de renforcer le socle, afin de bâtir un présent plus solide : peut-on apporter sa contribution à la lignée éclatée qui nous a donné vie, dans un pays, une région, un ou des continents, déjà riches et variés ?
Et si oui, sous quelle forme ?
C’est les questions que tout un chacun devrait se poser…

C’est mes questions du jour.

mercredi 30 août 2017

Le temps de la lyre...



Il est une heure du jour
Qui se fait nuit
Lorsque la musique
Perd sa magie
Quand la lyre pleure
Son cruel labeur
De n’avoir réussi
A décrire sa poésie

Il est une heure de la nuit
Où le jour n’est plus
Où les rêves ne sont que chimères
Des traces de poussière
L’âme qui vacille
Ne trouve aucun répit
Et tremble de désarroi
De l’approche du trépas


samedi 26 août 2017

Identité : مريم

C'est quoi une identité, sinon d'abord un prénom.
Ma première poésie en arabe. 
Autobiographique, elle ne déroge pas à la règle.
Vous trouverez une traduction en français en bas de la page.

مريم اسمي أنا
لا ميريم و لا ماري
اسمي كتب لي بالعربي
أحمله في أناملي و في عرقي
ورثه من أجدادي
أكتبه بحبر دمي
بالحروف العربية
و ترجمة أعجمية
لا أخجل أن أنطقه بلهجتي
بكل لغات ذاتي

أنا مريم، تلك التي لا تنام
إلا إذا أحست أنها تسكن
عبير أصلها و هويتها
التي لا تعرف كيف تنسج
من كثرت حروف لغة أمها
حلة تزهو ارتدائها
التي تكتب بلغة تعلمتها
تستطيع أن تعبر بفضلها
عن إحساسها
و كل مشاعرها

لا أخجل من هذا و داك
لا أريد أن أفقد أنفاسي
اللاتي يحملها قلبي و فٱدي
اللاتي رسمتها في جلدي
و في جلد أولادي
أنا مريم، و لست فقط مريم
أنا مسحة باطن اسم
ركزت على جبيني
،مريم
بكل العبارات التي تعني
Traduction en français                                                 
                     

Meriem est mon prénom
Ni Myriam ni Marie
Mon prénom m’a été assigné en arabe
Je le porte de mes empruntes jusqu’à mes veines
Je l’ai hérité de mes ancêtres
Je l’écris à l’encre de mon sang
Avec des lettres arabes
Et la traduction en latines
Je ne rougis pas de le prononcer en mon dialecte
Avec toutes les langues qui me composent

Je suis Meriem, celle qui ne sommeille
Que lorsqu’elle se sent habiter
La fragrance de ses origines et identités
Celle qui ne sait tisser
Des nombreuses lettres de sa langue maternelle
Un habit qui saurait la parer
Celle qui écrit avec une langue apprise
Dont la maîtrise lui permet d'exprimer
Son émotion
Et toutes ses sensations

Je ne rougis ni de l’un ni de l’autre
Je ne veux perdre le souffle
Qui remplit mon cœur et mon âme
Que j’ai transcrit sur ma peau
Et sur la peau des miens
Je suis Meriem, et pas juste Meriem
Je suis une variété de nuances d’un prénom
Ecrits sur mon front
Meriem,
Dans tout ce que cela signifie.

vendredi 25 août 2017

Mon pays ?



Le pays n’est pas celui où on est né ni celui où on habite, il est celui qui a construit notre personne. Celui à qui on doit nos déceptions et nos réussites. Celui qui nous a permis l’évasion, a ouvert une fenêtre sur des rêves et des ambitions.
Le pays est une vue d’esprit, un état d’âme, il est ces livres, ces êtres, cette personne. Il est cette terre, pas forcément racine, mais dont on ressent le déchirement dès qu’on s’en éloigne. Il est pollen, arborescence, la sève qui fera éclater la florescence.
Le pays est celui qui nous enrage et nous émeut à la fois. Il est celui qu’on critique et qu’on peut maudire, mais dont on ne supporte pas en entendre dire du mal. C’est ce soleil qui se lève derrière le brouillard, un endroit où on ressentira toujours l’espoir, cette veine qui pulse à chaque fois qu’on sentira sa fragrance. Celui dont la tendresse nous retient, celui dans lequel on se découvre niché à chaque fois que tout va bien.
Le pays est celui qui est tatoué sous la peau, dont on continuera à jouer la partition même s’il s’ébrèche et prend l’eau, où on préfère mourir, rester envers et contre tout.
Le pays est un joyau inestimable, un cœur immuable, dont l’amour n’a pas de raison vitale pour exister. Il est cette passion qui vous prend aux tripes, et qu’on a du mal à décrire.
Mon pays ? C'est l'espoir, c'est le regard des gens simples qui sourient chaque matin d'être encore vivants. 
Ma terre ? Ai-je besoin de dire laquelle… C’est celle qui a un drapeau rouge orné d’une étoile verte.

dimanche 20 août 2017

Cri, d'un cœur malade




🌻🌼🌷🌺🌹🏵️🌼
J’écrirai encore et encore pour la paix, pour l’amour et la fraternité. 

Je refuse de participer à ce procès où on a pris otage mon pays. Mon âme est sereine devant ces juges. Mon cœur est malade de tout ce qui se passe. Je suis consciente que certains de mes compatriotes ont pris de mauvais chemins, se sont perdus en cours de route, ont été endoctrinés, ont cédé à la facilité de croire que la vie ne vaut que s’ils la fauchaient… Mais les circonstances de vie, les déchirements qu’ils ressentent dans leurs esprits, la haine qu’on leur a inculquée, ne me représentent pas. 
Je vois les cris d’orfraie de tous ceux qui pensent qu’il faut nous mettre la tête au billot, juger l’ensemble du pays, généraliser, généraliser à outrance, encore et encore en parler, comme si le dire et le redire aller crever l’abcès… et régler d’une baguette magique nos problèmes.
Je suis de ceux qui sourient à la vie et qui œuvrent pour la réconciliation et la paix. Avec mes mots, avec mes attitudes, avec mes petits gestes quotidiens, je participe à transmettre les bonnes valeurs, à répandre l’amour, à la continuité de la Vie…
Je ris quand mon cœur veut pleurer. Je me fais ma propre idée de l’actualité. Je ne suis aucune mode. Aucun courant de pensées ne peut m’emporter dans les dédales empruntés par les faiseurs de l’information. Je ne renie ni ne dénigre personne. Et j’aime. J’aime au-delà de mes capacités la liberté, le courage et l’humanisme de ceux qui restent debout et dignes.
♥️♥️♥️

jeudi 17 août 2017

Peut-être ou peut-être pas, qui sait ?




Peut-être parce que l’oiseau n’est pas revenu à son nid,
Et qu’il se désespère de jamais revoir la vie d’antan,
Qu’il a décidé de s’éloigner, et de ne jamais se retourner.
Un oiseau c’est fragile, son plumage est sensible
Et peut d’un trop rapide battement d’ailes,
Perdre son duvet,
Et l’amour qui l’a couvé.

Peut-être parce que la nuit ne survient pas assez vite,
Pas assez tôt, et que les étoiles ne brillent plus autant qu’avant.
Les journées ont des langueurs de femmes en douleurs.
Elles s’égrènent lentement,
Et peinent à se dévider,
Comme le fil dans une bobine noué,
Qu’on n’arrive pas à démêler.

Peut-être parce que la pluie, qui pourtant est survenue à la bonne saison,
A gâté les magnolias, les a noyées.
Les magnolias ont une odeur tenace,
Qui embaume les espaces,
Et s’incruste jusque dans les rêves.
Et si l’on perdait cette senteur,
Qu’en sera-t-il de nos cœurs ?

Peut-être parce que la vie est un choix,
Qu’on choisit de vivre ou pas,
Et que l’espoir est une jarre qui se remplit et se vide
Sans intervention divine.
L’âme s’accroche à des riens,
Dont elle embellit les cloisons,
Et supprime d’un coup de chiffon.

Peut-être parce que les rêves ne sont que des trêves,
Qui nous donnent le temps,
De respirer doucement.
Et que dans ce monde éphémère,
Où on est frêle et si téméraire,
Nous battons nos démons, et cultivons la passion
De vivre pleinement.

Peut-être ou peut-être pas, qui sait ?
Nous ne sommes que les pantins,
Du hasard d’un destin,
Et que nous jouons notre part,
Sous la houlette d’un maître,
Qui ne connait ni la musique
Ni aucune notion de rythmique.


mardi 25 juillet 2017

Oeil sur une filiation



Elles étaient quatre générations de femmes à avoir franchi la porte de la pharmacie ce jour-là :
La grand-mère, un haïk bariolé autour d’un kmis, portait son foulard avec un petit nœud à l’arrière, quatre points devenus gris étaient le tatouage qu’elle avait entre les sourcils. Un œil mort, et l’autre éteint, elle s’était assise sur un des sièges visiteurs.
La mère, la soixante ou peu s’en faut, en djellaba et châle sur la tête, s’était avancée au comptoir. La cicatrice qui coupait la hauteur de son menton trahissait le tatouage camouflé, la génération qui était venue en ville, et s’était adaptée jusqu’à vouloir cacher ses origines.
La jeune femme, dans la fleur de l’âge, couverte de tête en cape d’un tchador noir. Des seuls yeux qu’on voyait, elle avait étreint le désespoir.
La petite fille, dans les dix ans, espiègle et souriante, alors qu’elle était la malade.

La jeune femme s’était échouée à côté de sa grand-mère, laissant sa fille courir dans tous les sens, pendant que sa mère payait les médicaments, et écoutait les explications qu’on lui livrait sur la façon de les administrer à sa petite-fille. Elle, silencieuse, ne prenait parti à rien, elle semblait perdue dans ses songes, n’être là que par acquit de conscience. Une génération mal lettrée, sacrifiée, les pieds entre deux horizons, et qui se laisse mener par la raison du plus fort.
De ces trois premières générations, on ne voyait plus que l’intense fatigue, mais la plus marquée, celle dont le front et les joues étaient barrés de profonds sillons, était la mère. Elle semblait harassée par le poids des responsabilités, elle prenait en charge toute sa famille, aussi bien son ascendance que sa descendance. Cependant, un reste de résistance et de courage la faisait tenir debout. Et on se désole qu’elle n’ait pu les transmettre à sa fille.
Trois femmes au destin différent, mais qui se ressemblaient dans l’épuisement qui faisait plier leurs épaules. Le temps les avait abîmées, jusqu’à ne laisser aucune brillance dans leurs pupilles. Leurs peaux, vieillies avant l’âge, dégageaient cette odeur âpre, acidulée, de celles qui se sont adonnées à toutes sortes de travaux pénibles.

Enfin, il y avait l’espoir dans ce tableau : celui d’une petite fille dont les yeux brillaient d’intelligence. Elle va à l’école et aime les découvertes. Et on se prend à lui souhaiter de meilleurs augures, que la lumière qui l’habite encore ne s’éteigne jamais, de rêver que son destin soit meilleur.
La petite fille s’appelle Hourya. Tout un symbole. Un prénom, que j’espère elle portera avec fierté. Un joli prénom qui revient à la mode.


(Pour mes amis francophones : Hourya en arabe veut dire liberté)


vendredi 21 juillet 2017

Trouver sa voie... pour retrouver sa voix




Trouver sa voie dans le silence et l’intériorisation, c’est parfois comme extraire un diamant dans une mine depuis longtemps désaffectée. Il faut creuser, beaucoup et profondément, utiliser toute la force que l’on possède pour briser les murs, aller au cœur des décombres, des ruines, et gratter la moindre étincelle que nous croyons apercevoir. C’est accepter de s’oublier, d’oublier ce que nous avons été et ce que nous sommes, à certains moments. C’est de délaisser sa route et poursuivre sa quête comme si le salut du monde pouvait venir de cette seule transpiration. Au risque d’aller trop loin, de toucher son âme parfois, de la mettre à nue, palpitante de fragilité, mais si transparente de pureté.
Que de candidats pourtant !
Comme tout ce qui fait la quête, voir la brillance déjà, même de très loin, exalte le corps et l’esprit. Le sourire se dessine, le soleil semble toucher le cœur et l’irradier de joie.
La méditation, l'écriture, la peinture... loin de la cacophonie, loin de la vraie vie, à la seule écoute de la nature, est une voie royale pour percevoir, l’espace d’un instant au moins, les vrais battements de son cœur. Elle n’est pas la seule cependant. Certains trouvent leur soulagement dans la musique, dans des plaisirs plus triviaux, tels que la nourriture, la boisson et même dans la drogue. D'autres s'enfoncent et s'oublient dans l'aide aux autres, dans la lutte pour un monde meilleur, dans le combat pour la liberté...
Il n’y a pas à juger. Tout ce qui apporte un allègement du fardeau de la vie que nous portons tous les jours, dans le respect des uns et des autres, n’est mauvais que dans son abus.
Le plus important est de respirer.
D’inspirer l’air, même vicié, et de l’expirer dans un souffle purifié. D’être ce substrat, ce filtre divin, dont les mots, les regards, les gestes, les actes et les sourires, transpirent la beauté dont se nourrit l’univers.
Dans une recherche de vérité, il n’y a pas d’arrivée. Il y a seulement un cheminement, des étapes : celles de la compréhension, de l’acceptation, de l’abnégation et l’humilité, de la compassion et de tant et tant d’autres qualités de l'âme… C’est dans la recherche que réside le sacre.
L’important est de ne pas s’arrêter, de continuer à partager l’air qui unit les êtres, et de le transformer en sublime substance.
Alors respirons mes amis. Respirons, et laissons-nous traverser seulement par les regards bienveillants, sourions à ceux qui sont moins tendres.
Inspirons et expirons la joie des cœurs indulgents.


mardi 18 juillet 2017

Nul ne doit être emprisonné pour ses opinions politiques, encore moins une chanteuse.



Dans l’océan noir,
Où tes yeux s’égarent,
Dans ces nuits glaciales,
Dans les murs sales,
Ton chant se pare de ramures,
Et fondant les murs,
Il brise les armures.
Dans le puits sans fond,
Dans le trou profond,
Ta lumière nous parvient,
Trace le chemin,
Sublime ta générosité,
Et te drape de dignité.
Un prénom, en hymne il résonne,
En justice et liberté, il tonne.