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Artisan orfèvre des mots, spécialisée dans le filigrane.

samedi 9 décembre 2017

Palestine




On peut me chasser, me casser,
Briser mon dos et le fracasser,
Je ne leur céderai pas.
Je ne me cacherai pas de leurs chars,
De leurs phares, de leurs armées de fauchards.
Je ne plierai pas le genou.
Ils peuvent me hacher, me lyncher,
Baver sur ma peau écorchée,
Je me relèverai de leurs coups.
Je me tiendrai debout.
Pleurant, peut-être,
Mais nourrissant ma rage,
Pour lutter sans ambages.
Je saurai riposter,
Sans jamais abandonner.
Et je leur survivrai. Car,
C’est ma terre, ma mère,
L’olivier à la source première,
La maison de mon arrière grand-père,
La flamme de l’éternelle prière.

vendredi 8 décembre 2017

Série Questions légitimes : Texte 3





Je me demande où sont partis mes rêves d’enfants. Les  miens, les vôtres, ceux que l’on façonne entre l’oreiller et la flamme de son âme. Sont-ils entreposés quelque part, sur un nuage nommé espoir… Ont-ils voyagé dans le temps ? Entre soleil et sommeil, entre lune et miel, entre la vie et les étoiles de l’infini. À la farandole, ils dansent la confiance des retrouvailles. La file qui serpente est nommée attente… s’en échappent des fragrances… La patience donne la cadence : entre jardins et rêves se trouve la trêve... la grâce, l’instant du regard… distant. Du verbe dépouillé d'habillements.

Série Questions légitimes : Texte 2




Je me demande ce que le temps dit aux saisons, pour qu’elles perdent la raison. Que l’une se dénude et l'autre pleure le monde… le temps roule sans scrupule, tourne sur l’axe de Pyrée, traverse la matière, effraye les hommes… et les femmes… qui voient leurs traits se labourer. Le printemps résiste si peu, l’été dégueule sa chaleur… sur les corps qui flétrissent et s’assèchent comme les feuilles d’automne… qui se détachent... et remontent vers le dôme. Le temps vainc toute saison… de vanité.

jeudi 7 décembre 2017

Série Questions légitimes : Texte 1




Je me demande ce que le vent dit aux vagues, pour que la mer se démonte, se soulève et se rabat sur des récifs trop étroits… afin qu’elle se disperse, et que les gouttes flottent un instant, entre brume et pluie…. Entre ce qui était et ce que pourrait devenir… l’eau… si elle s’évaporait, et retournait vers ses vieux nuages qui obscurcissent certains cieux, ou ce brouillard latent... qui nous attend.


dimanche 3 décembre 2017

Seule la mer comprend les vagues




Seule la mer comprend les vagues,
Allusions que le cœur exprime.
Au-delà du voyage, la route
Divague sans ambages.
Je ne saurais dire où tes yeux
Brumeux naviguent.
Ce que je vois et ce que je perçois
Fondent dans un voile délicat.
Il est des espaces où le regard
Tait le mystère d’un univers.
Le silence mousse sur l’écume
Fragile de l’émotion,
Tandis que la vague déferle
Au loin dans l’océan. 

dimanche 26 novembre 2017

L'attente
























Elle écosse les fruits du temps,
Enfile les perles,
Un collier orne son cou.
Seule, dans le cru de sa vie
Elle recueille les feuilles d’automne,
Écrit sur leurs veines
Des miettes de mots.

Le temps,
La mousse qui pousse
Crescendo
Sur le mur du destin.
Tremble qui touche
La cime des étoiles
Goutte de sève,
Et frémit.
Son cœur vacille,
Seul, il veille le fanal.

Le vent,
Chante à sa porte
En bois de jasmin.
Dans son jardin,
La complainte
Est au bout des cils.
Elle glisse et brûle,
Docile.

Le temps,
Boit la lie
De chaque instant.
Elle attend.

vendredi 24 novembre 2017

Le refuge


À l’orée des saisons se trouve une porte en bois,
Une haie de bougainvilliers enchevêtrés de rosiers,
Des nids de passereaux sous les feuillages,
Une pelouse d’herbes folles,
Et un bassin de nénuphars
Entourent la maison en pierre,
Qui engrange la lumière.
Le gravier de l’allée mène à l’ombre de l’olivier.
L’air est léger,
Les fleurs et la douceur composent
L’âme de la demeure.
C’est une maison qui sent le pain et le jasmin.
C’est l’écrin…
Où se réfugie le cœur, 
Et l’esprit en quête d’accalmie.