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Artisan orfèvre des mots, spécialisée dans le filigrane.

lundi 15 janvier 2018

Un jour de pluie



Ce matin la pluie semble prendre de l’assurance.
L’horizon est recouvert d’une couche opaque grise
Le ciel est pleinement troublé
De livrer ce fond d’âme sensible.
Il pluvine indolemment, sans arrêt,
Sûr de pouvoir continuer à lézarder les vitres
Des fenêtres celées.
La pluie, cette vie qui s’immisce sans permission
Dans la nature de toute créature.

mercredi 10 janvier 2018

Poème d'hiver




Le sol gercé par le glacial hiver
Ferme ses fentes de mousses éphémères
La vie se blottit entre le feu du bois abattu
Et le froid des longues nuits courbatues.

L’arbre sur la fresque se tient nu
Tend au ciel ses bras biscornus
L’automne pèle les couleurs du temps
Et dépouille les abords de l’étang chantant.

L’âtre enflamme les rêves blêmes
Moire les roses joues de dilemmes
Les contes que l’on raconte aux femmes
Lardent leurs doux cœurs de fantasmes.

Le vent régente le grand manège
Assigne qui le grésil qui la neige
L’océan de sa brusque puissance froissé
Soulève de hautes vagues pour le chasser.

La rose sur l’eau engourdie de l’étang
S’accroche au souvenir du printemps
L’espoir s’écrit au tableau noir
Et s’efface d’un fruste regard.

Le passant captivé par l’écluse des digues
Ne décèle les fils subtils de l’intrigue
Sur le bord des larmes vit le charme
Qui préserve le nomade du vacarme.


Poème inachevé ....... à suivre......

dimanche 7 janvier 2018

Danser la vie...




Il y a la vie qui veut vous dire quelque chose, le temps qui n’est pas au rendez-vous… la pluie peut être une ondée salvatrice qui lave de tout, alors que parfois le soleil semble vous défier de là haut … Et il y a ce rêve, que l’on poursuit obstinément, alors que l’on sait pertinemment qu’il est trop éloigné de nous.
Ce n’est pas écrit dans les étoiles, rien n’est inscrit. Nous écrivons tous les jours notre passage. La différence entre ce que je veux et ce qui sera ou pas me mets toujours dans une étroitesse…
Et il y a ces questions aussi obsédantes que lassantes que l’on se pose certains jours. Continuer ou s’arrêter… tout en sachant que faire le point n’est utile qu’aux transactions commerciales. La vie, elle, n’a que faire de cocher ou pas des objectifs. Combien les ont atteints et se sont rendus  plus malheureux. Voilà. On se trouve toujours en bordure de quelque chose. Fermer les yeux et sauter, ou attendre de trouver un pont… La vie est une multitude de choix. Elle est surtout rythmique. Et il faudrait accepter ses creux de vagues comme ses pics montagneux. Ses ondoiements.
Finalement, la musique est la seule valeur sûre. Elle nous rapproche tant du rythme du temps… C’est aussi la seule harmonie qui libère la peau, et sur laquelle on peut s’entêter à danser sans craindre de se blesser…

Une pensée attristée ce matin pour France Gall qui "Jouait du piano debout". De "Viens je t’emmène", "Pas comme avant" ou encore "Ella, elle l’a" et tant d’autres… Tout un pan de jeunesse qui s’en va…

jeudi 4 janvier 2018

Leçon de musique...

Do Ré 
Temps mesuré
Mi
Harmonie
Fa 
Le ton s'en va
Sol
L’arpège s'affole
La Si
L’octave fuit

L'accord déguerpit
Laisse la portée de gamme nue.
Reste la clé de Sol
On répète, ça console…

Do Ré
Altéré
Mi
Dysrythmie
Fa Sol
Sur accord fol
La Si
Bacchanale de nuit

Reprendre
Bécarre sur bémol
Répétition générale

Do
....
Da Capo

Do Ré
Désaccord déclaré

Reprendre
En sourdine,
....
....
....

"La perfection nait de la répétition"
Mais quand la musique joue ardûment,
Autant raccrocher les instruments.

mercredi 3 janvier 2018

Une impression de "Déjà vu"



Je marche encore et toujours derrière quelque chose. Il me faut ramasser chaque tesson de chaque parcelle de moi, pour compléter mon destin. Aujourd’hui, troisième jour de l’année solaire, le jour est aussi sec et ensoleillé qu’au premier chant du merle. Hier soir la lune était à son acmé de beauté. Je me demande si je ne vais pas commencer à préférer son ombre. Toutes les pénombres. Ils ont quelque chose de rassurant, une couverture sous laquelle je me cacherais bien, le temps de me retrouver dans le présent. Dans l’espace-temps.

Le temps, cette brassée de sable offerte à la naissance, une entité qui fuit inexorablement. Quelquefois par poignées entières, et on ne sait même pas comment ils ont filé d’entre nos fêlures calfeutrées. Peut-être est-il temps d’ouvrir la main, et de sentir le flottement de l’air qui les emporte. Ou bien les surveiller de près, et profiter de chaque poussière de grain. Je ne sais jamais rien, et me pose toujours des questions.
Il me faut retrouver le rêve d’antan. Ce rêve récurrent de portes qui s’ouvrent l’une après l’autre sur de grandes salles blanches, portant sur leurs murs des signes inconnus. C’était la fièvre qui les faisait ressurgir. Je les craignais, comme je les appelais de tous mes vœux. J’avais l’impression d’accéder à des espaces sibyllins. Avec des espèces d’oracles qui m’expliquaient le fonctionnement mystérieux de l’univers et me permettaient d’entrevoir des reflets d’avenir. Maintenant que j’y pense, c’était plutôt des cauchemars. En réalité, on craint toujours de connaitre l’avenir. Quoi qu’on en dise. Le miroir du présent est déjà pesant. Quant à celui du passé…

La maison se vide peu à peu, je ne retrouve pas la tranquillité. L’écriture c’est de la Solitude, et je me demande si je veux continuer. Mes mots deviennent de plus en plus lourds à porter. Et quand je les lâche, il me faut supporter le regard des autres sur eux. Ce n’est pas un accouchement, comme certains les qualifient. La seule chose qui les rapprocherait de l’enfantement est cet instinct de protection que je leur voue. Mais ils ne grandissent pas, ils naissent adultes, les autres les traitent en tant que tels, en tout cas. Ils me suivent pas à pas, et je préfère qu’ils soient à l’extérieur de moi, autour de moi. Ils me réchauffent.

Voilà. Ceci est mon impression sur le début de cette année, elle était la même l’année dernière. Je dis à chaque fois que je vais essayer de m’améliorer…
On promet toujours des choses au début de chaque année, de chaque mois, de chaque lundi, de chaque début de matin… Et on oublie. On les laisse filer avec le sable… On attend la fin du jour, la fin du cycle. L’attente mue en névralgie certains jours. Il faut alors se rappeler de respirer. Fermer les paupières pour retrouver le calme du soir et la lueur de la lune. Elle, au moins, est différente chaque nuit. Donne l’impression qu’il y a un mouvement dans le ciel. Le soleil est si rond… si éloigné de nos terrestres préoccupations… si constant !
Et moi je marche. Aujourd’hui, je marche derrière la lune. Et j’ai toujours cette impression de "Déjà vu" qui me poursuit…


vendredi 29 décembre 2017

Place Jamae Lafna



Demandez à la poussière,
Au soleil, au vent qui balaient la place,
Ce que la parole a imprimé dans cet espace.
Demandez aux cigognes qui ont cédé leurs plumes,
À la brume et aux pleines lunes,
Afin de transcrire les mots qui la parcheminent.
Demandez au temps,
Aux précieux regards des instants,
Comment les poètes ont sublimé son firmament.
Demandez toujours et encore,  aux conteurs
La vaillance et la valeur,
Qui émanaient de l’essence de ses visiteurs.
Ne demandez rien, délivrez-la enfin,
Pitié pour son âme,
Rendez-lui sa dignité, sa grandeur,
Le noble esprit dont s’est façonné son cœur.

samedi 23 décembre 2017

Le combat du jour et de la nuit : Acte 4



On somnole... On somnole, et d'un coup l'électrochoc pour vous réveiller !

Encore un maire qui veut écrabouiller le peu de mixité que nous avons, sous le prétexte du respect de la femme dans l'espace public. Le maire de Rabat voudrait créer des bus roses pour soi-disant protéger les femmes. Début février c'était celui de Fès, un autre maire Pjdiste qui voulait séparer les espaces hommes/femmes dans les salons de coiffure et les spas.
A l’époque j’avais écrit un article publié au Huffington-post (voir le lien) qui m’a valu un harcèlement sur le net d’une rare violence. Ils ont cru m’avoir fait taire définitivement, mais comme dit si bien l’aphorisme de Nietzsche "ce qui ne tue pas nous rend plus fort". 
J’ai appris depuis à modérer mes propos, et à ne pas répondre aux insultes qui ne sont que le reflet de la haine de ceux qui les profèrent. J’ai appris également à mieux choisir mes batailles, mais je ne renoncerai jamais à celui de la mixité et de l’égalité entre hommes et femmes. Et il ne sera jamais question que je me taise pour ce sujet qui me tient particulièrement à cœur, et qui propose de faire reculer le peu de libertés, mises chaque jour un peu plus en péril.
Donc, je suis là pour dénoncer ce projet basé sur la discrimination. 
Au lieu d’éduquer nos sociétés et apprendre à ses hommes et femmes le respect l’un de l’autre, on voudrait les séparer, pour renforcer l’idée arrieriste que la femme n’est pas l’égale de l’homme, et qu’il faudrait la "protéger" dans des espaces confinés, afin de ne pas tenter l’homme… Et si on y réfléchit, cela revient en même à la renvoyer à son foyer, et à tous les gynécées, afin que l’espace public soit aux réservés aux hommes.
Alors oui, la femme se fait harceler dans tous les espaces publics y compris les transports en commun, mais la solution n’est pas de la confiner, mais de mieux éduquer la génération future au respect et aux idées d’égalité, et dans l’urgence du temps présent, la protéger par des lois répressives et par un système de surveillance.
Et par conséquent, je propose qu’on multiplie les caméras de surveillance, comme cela se fait pour la circulation actuellement, mais pour les côtés des passants et pour les espaces publics piétons. Et surtout, puisque tout sera filmé, qu’on appréhende les agresseurs et qu’on les juge. Que cela soit médiatisé aura déjà un impact dissuasif positif…
Quand au problème des bus, puisque c’est de cela qu’il est question, il suffirait que les maires obligent les sociétés avec lesquels ils ont des conventions de transport public, de se doter de systèmes vidéos de surveillance, comme cela se fait dans tous les pays développés.
La surveillance est notre fort généralement, c’est lorsqu’elle devrait protéger les citoyennes qu’elle fait défaut. Il est temps de penser sérieusement à des solutions pérennes, au lieu du bricolage qu’on nous propose à chaque fois.

Sur ce, je m'en vais créer une pétition dans ce sens sur Avaaz, afin de demander aux maires de nos villes d'obliger les sociétés de transport à doter les bus de caméras de surveillance. J'espère que vous serez nombreux à la signer et la partager. Je la remettrai à une associations qui défendent les droits des femmes, afin qu'elle ait le plus d'impact possible, et pour qu'elle la transmette à son tour au Ministère de l'Intérieur, et à qui de droit.