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Artisan orfèvre des mots, spécialisée dans le filigrane.

vendredi 22 juin 2018

Promenade crépusculaire



Je traverse la page,
Et me voici sur ce palier
Où le crachat de lumière
Éclabousse l’obscurité
Une confluence qui me happe
Et m’enchaîne dans sa virtualité
Mais je suis dans ma réalité
Sur ma langue s’agglutine une boue dense,
Avide de sens…
Rouge sang elle choit
Matière faconde ou magma
Glaise organique déhiscente
Liberté,
Dont je suis l’humble passante…

Lentement le soir descend
Tandis qu’à sa fenêtre la nuit m’attend.

lundi 18 juin 2018

Entre talon et talent...




Perchée sur des talons non ajustés,
Longeant les récifs où se fracassaient
Chaque segment de mes pensées
Muselant ma voix,
J’ai cherché à être moi…

Ma langue est encore tachée
D’amertume,
Et de traces de mauvaise fortune
Mon regard porte l’absence,
Mon cœur de vives réminiscences
Je ne sais si je suis devenue moi,
Je m’habitue docilement au plat…

samedi 16 juin 2018

Lumière




En Ta flamme éternelle,
Ta lumière enveloppe le ciel
Le long du chemin que Tu m’as tracé
Tant de fois je suis tombée et me suis redressée
Animée du feu que Tu as mis en moi
Chaque aube ranime ma ferveur de joie
J’ai foi en mon amour pour Toi

mardi 12 juin 2018

Le jour où l’instant s’est noyé dans un sommeil éternel


Clair de lune - Edvard Munch

La rue est lourde de bourdonnement, de fatigue et de vies trouées éructant leur silence intérieur. Étouffante de laisser-aller et de désespoir. Voici le cortège des visiteurs. Des figues sèches dans une main et une palme dans une autre, leurs murmures de recueillement portent les accents de leur chagrin. Des enfants miséreux courent autour d’eux. Ils portent des bidons d’eau qui leur tordent le dos. Je ne connais même pas la signification de tout cela ni pourquoi avoir choisi ce jour-là et pas un autre. Le lendemain d’une nuit de destin, pourquoi serait-il celui des morts ?
C’est triste à pleurer… cette foule… et ces vendeurs ambulants à l’extérieur qui vendent n’importe quoi. Empressés de suivre le cours de leur vie, les gens se pressent autour d’eux. Les plus désespérés de l’entrée se muent en acheteurs compulsifs au-dehors… Comme s’ils étaient soulagés  de s’être échappés de la mort qui rôdait dans chaque débris, chaque cendre, chaque ombre de ce lieu. L’air y est vraiment irrespirable, vois-tu. Tout est écrasé par un ciel bleu et un soleil implacable.
C’est un jour de souvenir et un jour de présence. Un jour où les absents sont à portée de voix et de frémissement d’envie de vivre. Un jour où des échos reviennent des lointaines réminiscences, lorsque la nuit a éclaté en plein jour… quand l’infini s’est condensé dans le clin de l’œil. Un jour comme celui-ci, où l’instant s’est noyé dans le sommeil éternel, tandis que la lune s’affranchissait du soir.



mardi 5 juin 2018

Clignement d'espoir...




Or voici que le soleil tout d’étincelles
Et d’éclats dorés
Se penche sur le lit de la nuit.
Tout enrobé de lumière tu es,
Tes yeux portent encore les flammes du lever.
Ta robe aux entrelacs de couleurs
Estampe des pensées tressées aux fibres de ton cœur.
Tu sais qu’il ne reste pas longtemps
Avant que le noir ne macule le brouillard.
Fugace instant d’éclaircie,
D’un battement de cils posé sur la frange de l’âme
Tu t’échappes des limbes matriciels,
Haut tu t’élances vers le ciel,
Et déploies tes ailes pour capter les derniers rayons...
Brûles papillon d’un soir
Et épures nos regards
En ce dernier clignement d’espoir…


jeudi 31 mai 2018

L'aube dorée


Tableau : Jeune fille endormie - Pablo Picasso


Et me voilà donc, à l’aube de ce jour maladroit
Frappé de mutisme et de bruissement de joie
Au berceau étourdi de l’humanité fragile
Engourdie dans le frisson de poussière d’étoiles
Qui cambrent mes cils
Buvant l’impatience des crépuscules hésitants
Vagues rythmant mes battements
À la source des secrets imparfaits.
Si seulement je pouvais demeurer dans cette fêlure
Sublimant la dorure des séparations,
Mais voici que rebelles à travers mes songes
Les oiseaux chuchotent le jour déferlant…


samedi 26 mai 2018

Éphémère...



De son prisme céleste,
La lune ignore l’aube
C’est la relève des étoiles
Qui s’effilochent…
Le vent frémit aux heures suspendues
Sa mélopée déferle
Sur les champs gémissants
Aux pétales chus
Par l’encre de la nuit
Le crépuscule n’offre pas de réconfort
Loin des rosiers,
La lune poursuit sa traversée
Dépouillée du passé…
La vie est figée
Au sein de flaques
Éphémères
De lumière.