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Artisan orfèvre des mots, spécialisée dans le filigrane.

vendredi 17 novembre 2017

L'aubade du rossignol




Les matins de bonheur sont ceux où l’aubade du premier rossignol me tire du sommeil. Je m’étire et ouvre les yeux, la nuit n’est pas encore partie, mais un léger faisceau s’immisce déjà dans l’ourlet du voilage. De ma fenêtre fermée, j’entends le chant de la vie et l’allégresse de son éveil. Lorsque je soulève le drap, de la poussière danse dans le rayon de lumière. Je sais alors que je respire, et que la nature est à portée de joie. Mes os craquent pour ajouter du rythme, mes muscles baillent et se détendent. Ces jours-là, mon corps se meut en souplesse. Le soleil prend alors plus d’espace, ses couleurs se démultiplient en une myriade de cristaux sur chaque verre qu’ils frôlent. Au ballet de l’univers, j’ai l’impression d’être l’étoile, l’exquise musique continue à faire valser mes espoirs. Le soir vient, il vient toujours. Quelques minutes à peine, ou des heures plus tard… Je ne puis l’éviter. Toutefois, j’aurai gagné mes instants d’éveils, et la beauté de ces réveils.

mercredi 15 novembre 2017

Que ne suis-je fourmis...




D’un tremblement de paille
Un lièvre détale
L’oiseau bâilla fort
L’air est précoce
Des fourmis besogneuses
Fourragent l’argile
Les fleurs ne sont plus
La couleur a terni
Le ciel implacable
Réserve son verdict
Est-ce la fin de l’été ?
Et ce cépage alors ?
Me sera-t-il servi ?
Ivre de tourments
Mon corps exsude
Le miel est ailleurs
Le blé ne sert plus
De ses allers et venus
L’enfant m’a prévenu
La vallée a déballé
Son attente caustique
Que n’ai-je compté les nuits
Que ne suis-je fourmis
J'aurais fait des réserves
Pour nourrir l'hiver
Pour ne sentir le manque.

vendredi 10 novembre 2017

Dessin



Sous les rides d’un sourire
Je dessine l’ombre des palmiers,
Qui défient l’avenir.
Les palmes n’ont de cesse de bouger
Et mon crayon voyager
Pour les bien esquisser.
Que ne ferais-je pour garder l’instant
De ce printemps, et ses bourgeons,
Fragile avenir palpitant.
Le temps gagne sa prise
Sur la mesure et l’ombre
De l’estompe, et de la reprise.

jeudi 9 novembre 2017

Phrasées suggérées par le Chergui






Il y a le beau et le sublime. Et ce dernier est celui qui s’inscrit à l’encre indélébile.
Le beau fait plaisir à voir, le sublime nourrit l’âme.
Entre le désert et moi s’entame une histoire d’amour lentement. J’ai l’impression de la connaitre pourtant.
Est-ce une histoire de sable ? De vent ? De cette étendue qui semble infinie ? Des deux couleurs seulement qui le caractérise ? Ou bien des gens d’ici qui me nourrissent ?
Il me semble à chaque fois trouver un nouvel argument. L’esprit lutte pour revenir à sa nature, et l’âme pour rester méditative.
Au cœur du désert je suis moi, et m’en délecte. Si je pouvais, je resterais dans ses bras à jamais. Le silence est devenu mon ami. Le chergui vient me tenir compagnie.
Il m’a susurré de ces nouvelles ! A décillé mes yeux d’aveugle !
À peine… J’ai tant à apprendre.
Une chose dont je me doutais et qu’il m’a confirmée.  Je la partage de nouveau avec vous : En matière mystique, le créateur est unique et il n’y a aucune vérité qui prime sur une autre.
Le Chergui m’a dit aussi qu’il faut se méfier de ceux qui portent un sourire énigmatique et enivrent de doucereuses musiques.
Il m’a appris qu’il ne faut pas se laisser bercer et rester en surface. Il faut rire ou se répandre en pleurs. Vivre de vrais sentiments, et non de leur effleurement. Vivre sans crainte et sans relâche. De tous les atomes dont on a été créé. Sans aucun regret.
Ne partir qu’après avoir orné les murs des suivants de cascades de mots qui les réjouiront. Ainsi, laisser des éclats de rire pour seul héritage.
Lui, il ne fait jamais dans la demi-mesure, il est aussi brûlant que les sensations qu’il déterre derrière les dunes.
Ce ne sont pas des leçons. Le désert est beaucoup trop grand pour en donner. Il sait que chacun peut y tracer sa route. Que son vent viendra l'effacer au besoin. Il suggère seulement de nouvelles pistes. Et c’est bien cette liberté-là qui m’ensorcelle en lui.
Mais il est si froid le soir qu’il tape dans le crâne, et si sec au jour qu'il liquéfie. Je me demande parfois si ce n’est pas égoïste de sa part. Mais comment lui en vouloir, c’est moi qui suis venue le voir.


samedi 4 novembre 2017

Du charme du vent





Le vent est un sacré farceur, 
Qui n’en finit pas d’aliéner les cœurs !
Au soleil il a parlé de chaleur,
Au ciel de couleurs,
Et aux étoiles de l’aurore.
Il faut l’écouter gémir,
Harmoniser ses instruments pour séduire.
Il arpège du nord au sud,
N’a aucune pudeur dans ses attitudes.
Sacré Bise ! Sacré Brise !
Malheur à celles qu’il effleure,
De son charme ravageur !

vendredi 3 novembre 2017

Zagora, derrière les pas du baudet...






Derrière les pas du baudet, je trébuche en cherchant des mots. L’alphabet se disperse dans l’aridité de la terre assoiffée. Je suis loin, et si près de moi. Des sentiments de vécu, de nostalgie m’étreignent sous le soleil éclatant. Je me réveille et me rendors, dans ces retrouvailles qui ne portent pas de nom. J’use et abuse de ma vie d’avant, comme écran, pour parer l’enfouissement.
Chaque jour porte sa marque particulière, aujourd’hui un couscous m’attend. Dans les mosquées, on prie pour la résurgence de l’eau, pour un malade, pour la femme en couche, pour ceux et celles qui ne mangent que la semoule. La ville survit, achète l’eau de Fayja, apportée par des citernes sur des triporteurs. Foum Zguid et ses fermes de pastèque avalent la nappe phréatique. Draâ est sec. Des femmes en noir, et des hommes bleus bravent le désert.
La solitude m’effleure à certains moments, le rire des enfants sortant de l’école me la fait oublier. Je me reconnecte et vois le monde à travers un écran. Le bruissement des palmiers me rappelle à l’ordre. Même les mouches ne me dérangent pas, la nature reprend peu à peu ses droits. La sensation de vie est là, à travers les histoires que je raconte. Je n’oublie rien ni personne, ma mémoire est un gouffre qui n’a pas de fond. Nul besoin de fouiller dedans, les souvenirs remontent lentement. Au milieu de rien, ils ont trouvé le moyen d’exhaler leur parfum.
Encore des pas derrière le mulet qui avance en dandinant, peut-être bien qu’il trace des signes que je n’arrive toujours pas à déchiffrer… 

mardi 24 octobre 2017

Etre Libre.... et Femme




Fermer les yeux et épouser la forme du sol
Percevoir le début d'accalmie,
La chaleur granuleuse du sable.
Laisser vaquer l'esprit,
Au delà du ciel et des étoiles,
Dans cet infini espace de calme,
Pour éteindre le vacarme.
Allumer la vacillante flamme.
Sentir la vague qui ranime le cœur,
Et anime l'âme.
Être Libre...... et Femme