Profil

Ma photo
Artisan orfèvre des mots, spécialisée dans le filigrane.

samedi 21 octobre 2017

Poème d'automne





L’âme de la poésie réside dans le cœur du vent.
Celui de l’automne est turbulent, et particulièrement inspirant. Ses feuilles dorées à point roussissent déjà, miroitent des couleurs ocres de leur saison. Bientôt la brise va les détacher. Ils résistent aux premiers souffles, se maintiennent sur leur pédicule, frôlent le ridicule, parfois, à croire qu’ils pourront dépasser l’hiver. La bourrasque les arrache pour les faire danser. Danser, puis flotter, et doucement comme un papillon, se poser ainsi que leurs pairs.
Entre grain de lumière et poussière de nuit, ils reposeront dans le ventre de la terre qui les a nourris. Ainsi va la vie… et la poésie


mardi 17 octobre 2017

La couleur au cœur des mots


Tableau :Blue rapsody by Leonid Afremov

Les mots ont des couleurs et un cœur.
Ils prennent une allure chair pour décrire les frissons d’une peau, une carnation pour le vert des près, le bleu du ciel et d’oxygène, la terre de sienne ou de sable selon l’aventure et la hardiesse. Ils sont rouges vifs pour la douleur et brillants pour l’amour, roses joyeux et jaunes lumineux et jaloux ... Des nuances qui métamorphosent les sentiments, et les modulent, suivant le corps du texte qui veut refléter son âme.
Ils inventent des univers et sont bien plus puissants que tout ce que l’on voit. Leur musique appelle ce fond créationniste qui a précédé notre venue, ce temps infiniment incommensurable. Leur diversité est si éparse qu’on ne peut tous les apprivoiser.
A en dompter un lexique, ils nous habitent et prennent possession de nos sens. Ils nous émeuvent et nous attristent, nous tentent et nous attisent. Ils teintent l’absence et le silence, les retrouvailles et le bonheur. Ils sont ces éclats de vague et l’écume qui se dépose sur les galets, l’odeur subtile d’une essence ensommeillée et la senteur lys au jardin de l’allégresse...
Ils deviennent la musique que l’on ne voudrait jamais cesser de respirer. Ils sont la passion qui nous permet de continuer à être.

mercredi 11 octobre 2017

Le jour où j'embrasserai mon destin






Quand la nuit aura cessé de nuire
Et que le jour aura cessé de bruire
Je serais dans ces contrées sauvages
Séparée des prairies d’élevage
Et délestée de corps et d’empreinte
J’oublierai ces captives contraintes.

Demain, je partirai au petit matin
Il n’y aura ni adieu ni geste de la main
Ce sera le matin de lumière intense
Qui scintillera de sublimes substances
Je rejoindrai l'affluent du ciel
Au confluent de l’amour essentiel
Je voyagerai loin, longeant ce chemin
Jonché de roses rouge carmin.

Demain, est un aujourd’hui en partance
Où le temps n’a aucune importance
Une danse sur des étoiles en fleurs
Une musique qui retrouve son cœur
Un pays où les mirages ne sont vains
Le jour où j’embrasserai mon destin.

samedi 7 octobre 2017

Tant qu’il y a un Maître du printemps...





Pour que le jour ne soit plus ombre
Pour que les ciels brillent
Dans les infinis confins
Que l’univers a perfectionné.

Pour refléter Sa beauté
J’écris à l’encre nouvelle
Chaque jour façonné
Par le charme d’un souffle
Sans cesse renouvelé.

Je ne suis qu’une poussière
Que le vent a semé
Qui croît en une terre
Aux racines enchevêtrées.

Mon âme aux larmes sublimées
Se fragmente en mille éclats
De soleils apprivoisés
Pour éclairer la route
De nomades égarés.

J’écris et j’efface
À la face du vent
Au-dessus de la braise
Que les cœurs ont exalté.

Fasse le temps garder la trace
Que les poètes ont esquissé
Sur le sable des horloges
Que les siècles ont sonné
À la gloire de Sa grâce.

jeudi 5 octobre 2017

L'instant présent




Je suis le fil
Le fragile, le funambule qui danse sur sa corde
Je suis le vent
Le sable, la dorure du ciel de septembre
Je suis la rose
La complexion, la vase qui éveille le printemps
Je suis la goutte
La fraction, l’infini bleu de l’océan
Je suis le parfum
L’essence, la vérité dans toute sa puissance
Je suis l’instant
Le temps, le soleil qui se couche à l’horizon


lundi 2 octobre 2017

Invocation




J’invoque l’architecte du ciel
Qu’écarlate la mère implore
Tandis que la sève vermeille
Couvre sa terre d’horreur.

J’appelle l’âme de dame-nature
Que la malice a fourvoyée
Mille soldats de même ossature
Qu’aucun Dieu n’a déployé.

Sous l’arcade d’un ciel clément
Qu’une vile terreur a déflagré
Le chagrin a creusé des sillons
Pour charrier d'infinies plaies.

N’entends-tu l’oraison funèbre
Sourdre de coulures d’humains
Se répandre comme une fièvre
Et calciner ses lendemains.

jeudi 28 septembre 2017

Le crépuscule sauvage



Tableau : Le crépuscule dans le monde sauvage - Frederic Edwin Church


Entre chien et loup, le vent frôla son cou.
Il n’était pas déplaisant, son toucher était d'un velouté enivrant. 
La poussière l’aveugla cependant, une larme voila sa vision.
Le ciel rougeoyait pendant ce temps, on savait qu’il tentait de marquer l’instant.
Quelques arbres frémirent, sans ne guère se préoccuper de l’avenir.
Des feuilles étaient arrachées, mais n’était-ce l’automne qui les détachaient ?
L’oiseau ne fit plus entendre sa voix; au loin, le chat miaula.
La nuit glissa lentement, aux confins du cœur de l’enfant.