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Artisan orfèvre des mots, spécialisée dans le filigrane.

mardi 18 juillet 2017

Nul ne doit être emprisonné pour ses opinions politiques, encore moins une chanteuse.



Dans l’océan noir,
Où tes yeux s’égarent,
Dans ces nuits glaciales,
Dans les murs sales,
Ton chant se pare de ramures,
Et fondant les murs,
Il brise les armures.
Dans le puits sans fond,
Dans le trou profond,
Ta lumière nous parvient,
Trace le chemin,
Sublime ta générosité,
Et te drape de dignité.
Un prénom, en hymne il résonne,
En justice et liberté, il tonne.

dimanche 9 juillet 2017

Dédicace de Fès



Il est des parenthèses de vie aussi douces qu'une goutte de miel qu'on laisse fondre sur la langue. Elle lénifie, adoucit et fait du bien partout où elle passe. C'est comme ces retours aux sources. Enfin, à certaines sources que vous n'avez jamais connu, que vos yeux n'ont jamais effleuré, mais dont vous ressentiez la soif intense. Celle qui ne peut être étanchée que par une plongée vivifiante dans leurs eaux occultes.
Ainsi a été ma visite à cette région du Moyen-Atlas. Peu importe qu'une foule de souvenirs d'enfance me la relit, la revoir avec mes yeux d'aujourd'hui, après ce nouvel éveil à la vie, a démultiplié des sensations qui semblaient venir d'un passé très lointain. Celui de grands-parents et d'aïeux d'ici, ou venant d'ailleurs, et dont le rappel à leur souvenir a ouvert une porte à peine entrebâillé de l'histoire de mon pays. 
Et on se retrouve avec des gènes voyageurs venant du nord au sud, et passant par ce centre cher à mon cœur, cette région de Fès-Boulemane et ses petites communes berbères. 
Mais n'est-ce pas l'histoire de tout marocain ? Qui peut prétendre encore venant d'une lignée pure ? D'une seule graine ou même souche ou branche de l'arbre de vie de notre beau pays ? 
C'est de nos profondes origines d'Amazighie ou d'Arabie, et par tous les conquérants qui sont venus conquérir cette terre, mais dont elle a conquis le cœur, que s'est construit la diversité et la richesse de notre pays. Elle n'aurait pu dévoiler sa beauté et ses trésors si elle n'avait façonné à son image ces âmes, ces cœurs purs, vaillants et fiers.
Ce sont ces cœurs là qu'il faut ressusciter, qu'il faut réveiller de leur long sommeil inconscient. Leur rappeler à leur solidarité, à leur humanité et fraternité, leur rappeler surtout à leur devoir de protection des faibles et des opprimés.

Une tendre pensée pour une jeune fille, une troubadour, enfermée dans une obscure geôle. Un rossignol qu'on empêche de chanter.

mardi 4 juillet 2017

Poésie : Projets de survie




Parmi les étoiles j’ai choisi la moins brillante,
Une dont la faible lueur n’est visible que pour moi.
Je la cultive soigneusement dans mon ciel imaginaire,
Et lui insuffle mon énergie dès qu’elle vacille.
Je ne veux pas que sa lumière inonde le monde,
Elle ne veut pas quitter mon monde obscur.

Parmi les fleurs j’ai choisi celle qui ne me ressemble pas,
Elle est rose, et porte le nom de sa fragrance.
Une rose imbibée de rosée que je retrouve
Dans mon jardin, tous les matins.
Puisse sa couleur me donner l’espoir
De jours meilleurs.
Puisse-elle toujours embaumer
De son odeur suave mon esprit.

Parmi les rêves éparpillés de ma jeunesse,
L’écriture est la désuète constante.
Des pages, des feuillets et des cahiers,
Qui n’en finissaient pas de s’empiler.
Que d’efforts et de sueurs !
Que de déceptions et de douleurs !
Mais je m’acharne, je ne renoncerais pas.
Et même si je n’apprivoise pas les mots,
C’est de leur grâce que je survis.


mercredi 28 juin 2017

Salutation océanique




Une salutation tendre et océanique mes très chers amis, fleurant les bouquets iodés que j’ai récoltés en ces jours de fête.

Le bruit des vagues a bercé ma jeunesse, les algues ont été mes déguisements d’enfant, lorsque nous cherchions à épicer nos moments de détente à la plage. Les châteaux que j’y ai construits sont encore présents, ma peau revêt encore l'écume de ces journées ensoleillées, pour peu que je ferme les yeux.
La mer est ma vraie nostalgie, depuis que je vis loin de ses embruns… Je l’évoque et m’y réfugie à chaque fois que la musique se fait dissonante, quand la partition du monde devient tumulte dysharmonique.

Je m'y réfugie, invoque les forces supérieures, et prie :
Que le bruissement de ses flots recouvre les voix discordantes,
Que ses fragiles moutons les couvrent d’amour et de paix,
Et que son sel, cautérise et guérisse les blessures infligées aux âmes innocentes.

❤️💖💝

mardi 27 juin 2017

Confidence : Ecrire...



Que serait l’écriture sans les changements d’humeurs, sans ces profondes altérations qui surviennent sans qu’on sache comment. Un mot, un geste, une image parfois, et nous voilà plongés dans les tumultes des vocables qui prennent les nuances qu’elles veulent. On ne sait même pas ce qui les provoque, ils se manifestent et chavirent votre barque. Vous aurez beau vous accrocher pour naviguer à contre-courant, la vague est tellement haute que pour la parer le mieux à faire est d’y plonger. La creuser, la décortiquer, jusqu’à faire surgir les mots qui vont la calmer. Le sublime s’écrit dans l’urgence, dans l’intensité du feu déroulant qui sort de l’inconscient. Mais ce n’est qu’une fois que la vague s’éloigne, qu’on peut aplanir le texte, qu’on peut y mettre la cohérence qui y sied. Et c’est rarement la première intention.


samedi 17 juin 2017

Poésie : Le gouffre au bord duquel je me tiens





Le vide,
Le mutisme
Le silence
La brûlure intense
Le manque
La cadence du temps
Le parfum de négligence qui flottait autour de moi
Le désenchantement ou le remord ?
L’éclaireur des chemins de sous-bois
Le tressaillement
Le prisme démultiplicateur
L’émoi du cœur
Le cœur qui a sa propre mémoire
Le bruit spacieux
Le décor diluvien
La fragrance persistante
Le sombre et flamboyant orage qui ne cesse jamais.


lundi 12 juin 2017

Fragment : Henry's mon amour, ma madeleine...

Ah, mon Henry’s !
Je l’ai retrouvé au détour d’une piste, la chaleur était stridente ce jour-là, la poussière avait recouvert mon pare-brise d’un film sablé. Je m’étais arrêté dans cette vieille épicerie de campagne, à l’entrée d’un village déserté de ses jeunes. Une barbe blanche, un turban jaune et des yeux qui vous sondaient l’âme, il m’avait tendu cette boîte au design d’un autre temps, au packaging argenté, vert et rouge, dont peu se souviennent, et que les enfants d’aujourd’hui n’auraient jamais choisi de prendre. Et c’était comme si j’avais retrouvé un trésor enfoui sous une multitude de couches : Mon identité, sous la forme d'un biscuit carré, aux bords dentelés.
Ma langue salivait déjà d’impatience, lorsque le vieillard, tout en bonté devant mon air avide, et mes yeux où des poussières d’étoiles avaient pris place, me proposa un verre du thé fumant qu’il venait de préparer pour se désaltérer. Le crépitement de douceur biscuitée, mélangé à la fraîcheur mentholée qui surgit sur mes papilles, humidifia mes rétines. Je ne voyais déjà plus, un voile de tendresse avait recouvert l'horizon quand je me suis retrouvée jeune, très jeune, pour mon goûter d’école, grignotant les bords crénelés d’abord, les dentines une par une, me délectant de leur saveur de cannelle, de miel et de blé grillé, puis je mangeais le cœur, parfois en réservant les lettres gravées sur le biscuit pour la fin…
D’autres souvenirs remontèrent, ma sœur aînée qui était revenue de France lors de vacances universitaires, et qui nous avait appris cette recette qui consistait à les imbiber de café, les placer en plusieurs couches superposées de crème, et les recouvrir de ganache pour confectionner un gâteau d’anniversaire… Ma mère qui en achetait par grandes boîtes cartonnées, qu’elle cachait en haut du placard, et qui pouvait les servir aux invités qui arrivaient à l’improviste, au même titre que les cornes de gazelle ou autres gâteaux qu’elle confectionnait.
Ce parfait mélange avec le thé me rappela aussi comment nous ne trouvions aucun paradoxe à mélanger le moderne, le biscuit fabriqué, avec l’ancien, notre thé à la menthe traditionnel. Comment la richesse de l’un et de l’autre, revêtait alors notre peau, avait construit notre personnalité, nous avait confectionnés. Et que c’est en cela que réside notre authenticité.
Être assise sur un tabouret de cordes et de bois ce jour-là, avec cette odeur de terre sèche, ces herbes folles qui couraient les champs, et celles qui pliaient sous le petit air doux qui soufflait de temps en temps et caressait mes cheveux, sous le regard tendre et bienveillant du vieux commerçant, a eu un goût de paradis pour moi.


* Henry's est le nom d'une vieille marque de biscuits secs, un peu comme les petits beurres en France.