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Artisan orfèvre des mots, spécialisée dans le filigrane.

mercredi 25 avril 2018

Dans l'infinitude patience


Chemin dans le jardin de Giverny - Claude Monet



Sur la crête de l’émotion
Je dépose mes mots,
Petites choses indociles
Aux lettres si communes…

Au seuil de la fragilité,
Ils s’éparpillent,
Folâtres papillons
Inconscients,
Qui virevoltent
D’une rive joyeuse
À son orée bilieuse.

Au gué de la vulnérabilité,
Sur le point de rupture,
Ils ont le pouvoir
De gorger ma poitrine,
De serpenter pour m’envoûter,
Et m’asservir à leur influence....

Et je ne suis que lâcher prise
Pour laisser la vague les glisser,
Les bulles les répandre
Sans les comprendre.

Là-bas,
Entre les collines arborées
Dans mon refuge doré,
J’ai l’espoir
D’une journée ensoleillée
Où ma plume saura
Apprivoiser leur aura.

Dans l’infinitude patience,
Au halo de lumière
Qui humecte mes paupières
Après leur naissance,
Mon âme aspire aux liens diaphanes,
Qui composent le poème.

jeudi 19 avril 2018

Au printemps,




Au printemps de la joie
Naissent les fleurs des bois
Qui ruissèlent
De soleil.
Elles revêtent une corolle
D’où jaillit leur nature dorée
Et mordorée.
Fougueuses, ardentes
Mutines,
C’est elles que les abeilles butinent,
Jusqu’à laisser fondre,
Leurs cœurs.
Le printemps est bien la saison
Du miel et des bourgeons,
Des cueillaisons.


samedi 14 avril 2018

Au silence des ruines,




Au silence des ruines,
L’aube se lève entre deux hésitations
Le monde poursuit sa course
Derrière la montagne, des échos parviennent
Le brouillard y est si dense…
Dans les bras de la nuit,
La guerre sévit
Ici le soleil brille,
Mais pour qui ?
Entre deux mensonges du temps,
Je ne crois plus au printemps.

vendredi 13 avril 2018

Cœur de muguet







A-t-on besoin de mai pour apprécier le muguet ?

Lis des vallées, ma liliacée
Aux fines blanches clochettes
Grelots de joie à la brise et à la bise
Que j’aimerais entrer dans ton cœur
Pour me griser de tes enivrantes odeurs
Et déchiffrer les symboles du bonheur.
De tes pollens je redessinerais les éclats de flammes
Et m’abriterais dans tes grandes palmes
Pour attendre que la lune dévoile aussi ton charme.
Muguet le jour, Muguet la nuit,
C’est la magique fleur de l’aubaine
Qui exhale un subtil suc de poème
Pour ranimer l’esprit bohème.

mercredi 11 avril 2018

L'odeur de la guerre






Les nuages qui courent à l’horizon se retournent pour voir le vent les poursuivre.
Il n’y a rien pour le moment, sauf une nuée de poussière noire, et quelques oiseaux bizarres sortis d’en ne sait où, qui volettent en perdant leur duvet. La nature est en train de plier, le bruit d’essieux des machines infernales fait fuir tout ce qui peut se mouvoir. Je suis le témoin de cette débandade. Le ciel est décidé à punir l’homme de son arrogance, sa vengeance sera dans la belligérance qu’il a réveillée en eux. La nuit vient, protégez-vous de ses lames.
Il n’y a ni héros chevauchant un dragon ni courageux qui combattra le soir. Déjà le silence se fait de plus en plus dense, le monde en perte de valeurs se précipite dans le gouffre des conflits. Les nuages virent du gris à l’ocre rougeoyant… le feu embrase déjà le crépuscule. Il étouffe et fait larmoyer les enfants. Je suis là, je les vois se chamailler et ne puis rien du promontoire où je me tiens. Mes mots pour les décrire sont mes seules armes. L’hostilité lève haut son glaive… elle choisit toujours ses victimes parmi les plus faibles.


dimanche 8 avril 2018

Journal d'un voyage




Et puis il y a ces voyages qui sont tout en éclaboussures. Des rires, des paysages, des couleurs et des rencontres nouvelles et inattendues. Une effervescence de paysages, de toiles de fond et de situations parfois burlesques qui jonchent la route. Une myriade de lumières, d’ombres, et de conjonctures métaphoriques. Des silences aussi, lors d’un lever de soleil, ou lorsque la densité du silence du désert vous saisit tout à coup. Quand le mouvement du balancier du dromadaire est le seul qui compte. Se laisser aller, lâcher prise, mais ne pas tomber non plus… Et ces dunes qui n’en finissent plus, qui ont l’air d’avoir poussé dans la nuit… partager ces instants où l’ange passe, et laisse un peu de sa magie. 
Mais voilà qu’on reprend le piaillement, les sourires que l’on voit même de dos. Et on a l’air de dire qu’il ne gagnera pas, ce silence… parce qu’il faut continuer à célébrer la vie, il faut chanter, danser et sentir les courbatures nous éreinter. Et ces belles amitiés qui cimentent les sentiments. Les anciennes bien sûr, celles sur lesquelles on compte, qui nous remplissent le cœur de joie et de tendresse. Les nouvelles, plus timides au début, mais qui vont se renforçant. Et l’on s’étonne de ces rencontres, de ces aventures de vie, de ces ententes inattendues. Il y a les autres connaissances aussi, ceux à qui on parle tout en gardant une certaine distance, tout en restant circonspect... Mais on est là, et il faut être solidaire, il faut former le groupe… aussi disparate soit-il. C’est bien cela le voyage… aller à la rencontre de l’autre. Retrouver un peu de cette jeunesse d’âme, cette envie de découvrir et de s’étonner, de voir du pays, d’écarquiller les yeux.
Oui. Les voyages de groupe nous rappellent nos aventures de jeunesse, nos colonies de vacances… jusqu’au moment où on se souvient que l’on n’a plus douze ans... 
Mais cela fait un bien fou. Être dans cette ouverture d’esprit pour accepter la vie comme elle vient. Se laisser guider, ne prendre aucune décision, suivre le rythme de cette famille de hasard, afin de s’oublier l’espace d’un instant... tout en espérant mieux se retrouver.

jeudi 29 mars 2018

Arrêter le temps...



Le vent qui s’adoucit
Quand le soleil coulisse à l’horizon
Le reflet du coucher sur le vase
Posé sur la table en osier
L’arôme du citronnier
Jusqu’au cœur des palmiers
Les bosquets entrelacés de bourgeons
Le refrain musical du fond
L’éclat doré du verre de thé
La pensée que l’hiver est passé,
Et que l’été est loin…
Juste garder ce temps,
Le printemps.